DANS LA MARGE

et pas seulement par les (dis) grâces de la géographie et de l'histoire...

vendredi 11 décembre 2009

P. 207. Clopine : "Tu l'aimes ou tu la quittes..."

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Page nomade (Ph. JEA / DR).

Dame Clopine...
Sur son blog Clopineries (et sur d'autres), elle rêve constamment de littérature. Très haut. En familière des horizons normands. Elle a ses attentes, ses exigences, ses espérances, des aspirations, ses inspirations, des émotions, ses admirations...
Ce n'est pas une nouvelle, encore moins un scoop : elle écrit. Angoissée. Sans complaisances. Ne se contentant pas de l'épiderme des mots.
Parfois semble-t-il proche des larmes, ou perdant de l'altitude pour cause de lassitude, elle (s') interroge gravement. Alors se dessine tout un réseau de sympathies autour d'elle. Et par exemple P. E. de lui offrir une longue chaise sous des cerisiers recouverts de neige bienveillante.
C'est une Dame dont la silhouette reste longtemps dans les yeux des terriens quand elle passe auprès de l'île de Tatihou. Et sur les pupilles des marins quand son vélo réinvente un chemin des douaniers...

Que cette esquisse de portrait ne vous égare point.
Dame Clopine sait recevoir ses amis, comprendre son fils, saluer ses anciens, ménager son Clopin (de terre ?). Mais elle n'est pas un pion sur le jeu d'échec de la France officielle. On ne joue pas avec ses idéaux.
Sinon : "ET Vlan, Badablang blang Vlan, Badablang blang, Vlan !", elle rage.

C'est la troisième page nomade de ce blog. Attachez vos ceintures. Ca va tanguer. Clopine a pris la barre pour affronter la profonde dépression française !

Le cauchemar pour d'aucuns : une Marianne qui ne soit pas plus blanche que moi, tu meurs...
(Graph. JEA / DR).

Page nomade de Clopine :
"Tu l'aimes ou tu la quittes..."

- "C'est la France entière qui est dépressive, je trouve.

En fait, la France a une tronche de femme battue, et on devrait, dans les salons d'honneur des Mairies où trônent nos buste de Marianne, lui arranger le portrait d'une manière un peu plus conforme à la réalité. Parce ce qu'elle est couverte de bleus et d'ecchymoses, Marianne : les tomettes écrasées, façon reconduites brutales à la frontière d'étrangers sans papiers sauce Hortefeux, le nez enfoncé, façon profs de l'éducation nationale bafoués, un bout d'oreille qui pend comme la justice réformée territorialement à grands coups de pompe dans le cul et privée désormais de juge d'instruction, le cheveu éclairci comme les fonctionnaires non remplacés et qui, dorénavant, n'ont même plus la sécurité de l'emploi (*), le menton aplati genre services publics privatisés et allons-y mesdames, messieurs, l'arcade sourcilière fendue comme les hôpitaux sommés d'être gérés comme des entreprises, la lèvre toute bleue comme la collectivité territoriale privée de ressources en même temps que de taxe professionnelle, et le fond des yeux injecté du sang des salariés de france télécom morts pour l'honneur de l'exploitation, et j'en passe, tenez, la plaque de prurit là-haut près des tempes, qu'on gratte frénétiquement, c'est cette identité nationale qu'on prône d'un côté pendant qu'on crache sur la culture de l'autre, et ce bubon qui vient d'apparaître, là , ce serait-y pas l'histoire sommée de faire ses bagages pour laisser toujours plus de sciences (qui rapportent, elles...) en terminale, et l'inflammation de la glotte du côté de Dieppe à la sauce EPR, elle vous fait l'haleine fraîche ah ça ! Et la langue de Marie N'Diaye qu'on tente de badigeonner à la teinture d'iode de la cuistrerie démagogique et ce teint général, fiévreux, maladif et jaunâtre, ce serait-y pas la crise financière que le bon peuple, en brave couillon qu'il est, résorbe à coups de chômage bien compris, 45 000 chômeurs de plus en novembre ?

La pauvre France a la gueule si amochée qu'on se dit qu'elle vient de servir de puching-ball, ma parole. Sans rire, un mec fait ça à une gonzesse, il se chope une interdiction de l'approcher à moins de cinq kilomètres, avec en plus des dommages et intérêts. S'il y avait encore une justice, on dirait à celui qui nous assure, la main sur le coeur, qu'il tape un peu certes, mais c'est pour son bien, elle l'a bien cherché la salope et en fait il l'adore, de foutre le camp. "Tu l'aimes, ou tu la quittes", avec surveillance judiciaire...


Mais comment va-t-elle faire pour tenir encore deux ans et demi à ce régime, la Marianne ?"

(s) Clopine.

Titres officiellement ronflants : "Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire". Correction par D. Hasselmann : Ministre de l'Indignité nationale... (Graph. JEA / DR).

(*)

- "Eh oui, mes petits agneaux, depuis le mois de juillet 2009, le statut de la fonction publique territoriale en a pris un sacré coup, dans l'ignorance et l'indifférence générale of course : un fonctionnaire titulaire de son grade mais sans poste sera mis à la disposition d'un centre de gestion, qui lui offrira trois postes. Au bout de trois refus, le fonctionnaire sera rayé des cadres et sans ressources...

En clair : tu bosses à Rouen dans une halte garderie, pour une raison x la halte garderie ferme, tu es mise à la disposition du centre de gestion qui te propose, royal, un poste à Fécamp (deux heures de trajet), à Notre-Dame de Gravenchon (là où il y a de jolies raffineries à peine une heure et quart de route) ou à Bourgtheroulde (même punition), ben si tu dis non pour ne pas te taper tes trois heures de transport par jour tu es dehors, voilà pourquoi toi aussi tu auras le teint jaunâtre quand tu rentreras voir tes gosses sur le coup de vingt heures vingt heures trente, mais tu seras fière de toi parce que tu ne seras plus une sale privilégiée de fonctionnaire mais tu auras atteint le nirvana de la flexibilité, tu la sens dans ton cul la flexibilité ?"

B. Hortefeux (Caricature JEA / DR).



18 commentaires:

brigetoun a dit…

Dame Clopine heureuse de vous avoir rencontrée et lue - puissiez vous avoir raison et la reconstruction pouvoir commencer dans deux ans et demi !

Saravati a dit…

Un coup de gueule mais Marianne est-elle à ce point si sourde !
La flexibilité qu'on prône n'est jamais qu'une mise à disposition d'esclaves taillables et corvéables à merci. Au nom de la rentabilité qui lustre la manche des bien-nantis, les vers de terre n'ont qu'à ramper, jusqu'où faudra t-il aller pour que ça craque, jusqu'où la mondialisation fera-t-elle perdre aux humains le peu qu'on leur avait laissé de dignité ?

JEA, très beau portrait plus qu'ébauché de la Clopine, ça donne envie de la toucher ...

JEA a dit…

@ brigetoun et Saravati

vos commentaires ont été transmis à Dame Clopine (en espérant que son anti-spam se lasse de me bloquer...)

Dominique a dit…

Cette invitation chez vous de Clopine est non seulement sympathique mais très utile
son billet est extra et ma visite chez elle se reproduira
Sympa ces invitations, j'avais bien aimé celle de Tania de textes et Prétextes

JEA a dit…

@ Dominique

Avant-hier vous, Tania hier, aujourd'hui Clopine, demain Zoë Lucider (à la beuquette brûlent tous les cierges des Ardennes pour montrer le sentier à d'autres...)

le cercle des pages et des poètes nomades ne s'envase pas mais s'évase...

sylvie a dit…

Ce texte est bien tourné et bien envoyé, mais comme Saravati je me demande bien jusqu'où et jusqu'à quand... Je taperai bien sur un bidon moi aussi aujourd'hui...

JEA a dit…

@ sylvie

si l'envie vous prend de venir dans la zone de ce blog... il vous est ouvert
même si techniquement, il faut parfois bidouiller la mise ne page

Cactus a dit…

"bidouiller la mise ne page "!?
sacré JEA/JEA !
du beau boulot avec Dame Clopine aussi !!

"Sinon : "ET Vian, Badablang blang Vian, Badablang blang, Vian !", elle ne rage plus . "

D. Hasselmann a dit…

Panorama hélas bien réel que celui dressé fougueusement par Clopine qui n'y va pas clopin-clopant.

Je repense à cet Eric Besson (merci JEA !) qui apparaît, lui aussi, dans le clip déjà fameux des "jeunes populaires" : ce félon chante, ce frelon déchantera un jour. "Devenez populaires (sic), adhérez au mouvement UMP", osent-ils dire sans rire !

Ces temps-ci, on sent pourtant comme un frisson de révolte se dessiner (bravo JEA pour la caricature vue de l'Intérieur !), des sondages prédisent même - ce ne sont que des sondages... - de mauvais résultats pour la droite lors des élections régionales en IDF.

Oui, Clopine, Marianne a besoin d'un lifting : mais un changement de tête, carrément ou rondement mené !

JEA a dit…

@ Cactus

Vian, pour la "lettre au Président"...

JEA a dit…

@ D. Hasselmann

La Carmagnole par les Tambours du Bronx...

zoé lucider a dit…

Cher, très cher JEA, qu'il est bien tourné et chantourné le portrait de Clopine. Si je ne la connaissais déjà, je sauterai sur son (c)lopin de blog. Vous avez eu raison de lui proposer de sortir ce texte d'une trop grande confidentialité pour le partager plus encore. Les tambours, ah ah ah! (comme elle dit)

JEA a dit…

@ zoé

ce blog n'a que les dimensions d'un îlot mais il est vrai qu'en naviguant de l'un à l'autre, nous ne restons pas des robinson(e)s...

jedaen a dit…

bonjour JEA,
oui c'est très puissant ce texte. C'est une merveilleuse métaphore -un corps battu pour représenter l'exploitation du système et pour sentir la souffrance en masse du peuple.

Je peux même appliquer cette métaphore aux système de mon pays Canada.

C'est la bonne thérapie d'écrire la protestation en poésie et cela peut changer la conscience collective.

merci-
belle fin de semaine à vous.
je suis contente que je portais ma ceinture de sécurité.

jedaen a dit…

et aussi c'est merveilleux votre caricature- hors de la fraternité ha ha -parfait!

JEA a dit…

@ jedaen

dimanche, nouvelle page mais cette fois moins secouée, du cinéma :
"Qu'un seul tienne et les autres suivront"...

Anna de Sandre a dit…

Malheureusement, les cons osent tout, et c'est même à ça qu'on les reconnait, disait Audiard. Pour la Marianne battue, ils vont hélas lui proposer un portable.Tapez un, tapez deux, puis tapez sur la gueule.
(Bravo Clopine.)
(Avez-vous lu son Proust expliqué à ses potes ?)

JEA a dit…

@ Anna de Sandre

Votre bravo a été transmis à Clopine (comme tous ceux publiés depuis hier).