DANS LA MARGE

et pas seulement par les (dis) grâces de la géographie et de l'histoire...

vendredi 12 février 2010

P. 237. Chants diphoniques au pied de l'Altaï mongol

.

Chants diphoniques de l'Altaï mongol, 1 CD Buda Records

Non seulement la musique
adoucit les steppes de Mongolie
mais elle fait rêver
les rièzes et les sarts des Ardennes...


Routes nomades :

- "La musique traditionnelle de Mongolie, d’une richesse vocale incroyable, est transmise chez les nomades de génération en génération par la voie orale. C’est ce que Tserendavaa a réalisé avec son fils Tsogtgerel âgé de 18 ans. Dans leur famille, on est musicien depuis plusieurs générations."

Médiathèque CFB :

- "Tserendavaa et Tsostgerel, père et fils, sont eux natifs du sud-ouest de la Mongolie. Ils y sont bergers et musiciens, deux activités qu’ils mènent de front. Tous deux prennent part à l’intérêt renouvelé pour le répertoire et les techniques du xöömij et participent au passage aujourd’hui d’un art pastoral nomade à un art professionnalisé, et conséquemment d’un chant bucolique de berger à une discipline basée sur la virtuosité et sur une technique poussée à l’extrême. Ce qu’ils tentent de préserver, eux, est ce rapport à la tradition, à leurs particularités régionales, fort différentes des pièces démonstratives jouées à la capitale Ulan Bator. Leur répertoire est né là, près de leur village, au pied de deux montagnes, les deux Altaï."
(Communauté Française de Belgique).

Enregistrement à Paris, le 12 mai 2008.

Stéphane Fougère :

- "Chandman, village de la province de Xvod, dans l'Ouest de la Mongolie, passe pour être l'un des lieux du renouveau de ce fameux xöömei ou xöömij, le chant diphonique qui caractérise l'art vocal mongol. C'est là que sont nés quelques artistes passés maîtres de cette si singulière technique de chant, comme HÖSOO. TSERENDAVAA est lui aussi le dépositaire de cette tradition aux origines nomadiques et pastorales que pratiquaient notamment les bergers. Lui-même éleveur nomade, TSERENDAVAA est aujourd'hui l'un des représentants les plus attitrés de la pratique vocale diphonique, qui consiste à superposer deux sons en simultané, une note ou une mélodie harmonique par-dessus une note fondamentale, dite « bourdon ».


On distingue ainsi deux principaux styles de chant de gorge, le profond, xarxiraa, ou le sifflé, isegeree. TSERENDAVAA a ainsi développé ces techniques de manière à se produire en tant que chanteur professionnel, et maîtrise jusqu'à sept formes de xöömij, dont l'une qu'il a inventée, le xosmoljin xöömij, qui consiste à interpréter les urtin duu, ou chants longs, en combinant le chant du texte avec la mélodie d'harmoniques, chose assez rare.

Jusqu'à présent, TSERENDAVAA avait enregistré pour plusieurs compilations et même un disque en solo (Chandman' Song, introuvable chez nous), mais c'est la première fois qu'il enregistre avec son fils, TSOGTGEREL, âgé de dix-huit ans et déjà fin virtuose du chant diphonique et de la vièle moriin xuur, son père (et d'autres maîtres) lui ayant transmis son savoir musical."
(Ethnotempos, 2 août 2008).


Tsogtgerel (Symposium, Mongolie, 2009).

Patrick Labesse :

- "Soudain, surgit un son d'une gravité inouïe. Il emplit l'espace de sa présence ténébreuse, puissant et orageux. Sur scène, Tsogtgerel, jeune chanteur mongol de vingt ans. Son visage poupon, son corps figé dans une froideur statuaire n'expriment rien. Le chant profond, la mélodie sifflée ondulant en circonvolutions ténues et fragiles semblent venir de nulle part, désincarnés. Ils fascinent et font oublier le fatras de la ville (…).


Tsogtgerel s'accompagne au morin khur (une vielle avec un long manche sculpté en forme de tête de cheval), et interprète le xöömij, le chant diphonique mongol. Fondé sur une technique consistant à émettre deux voix en même temps, le bourdon et les harmoniques, qui vibrent dans une mélodie sifflée, cette singularité vocale, est toujours bluffante pour l'oreille occidentale. Tsogtgerel l'a acquise auprès de son père, avec qui il joue parfois
."
(Le Monde, 8 février 2010).

Yourtes mongolo-ardennaises (Cr. Mandukhaï, Mont. JEA / DR).

Pour qui ne bouderait pas un nec plus ultra, pourquoi ne pas s'offrir l'écoute de chants diphoniques à l'abri d'une youtre plantée à Haudicourt, dans les Ardennes de France ?

Du moins un site vous invite-t-il. Cliquer : ICI.
(On n'ose imaginer les jeux de mots signés Cactus...)


9 commentaires:

brigetoun a dit…

MERCI une musique que j'aime

zoé lucider a dit…

Magnifique performance. C'est juste un peu douloureux quand on a comme moi en ce moment la gorge douloureuse. Impossible à imiter, il y faut sans doute une longue initiation

JEA a dit…

@ brigetoun

au titre il conviendrait donc d'ajouter que cette musique fait aussi danser sur le pont d'Avignon...

JEA a dit…

@ zoé lucider

si j'ai bien compris, il y en a pour des années à l'université... (sans blague)

D. Hasselmann a dit…

Enfin, de l'exotisme ardennais, très joli !

Mais les "yourtes" : attention à ne pas confondre avec un autre qualificatif fort en vogue sous Pétain.

Le maire adorateur du portrait du Maréchal devrait planter une tente de ce genre dans son parc municipal, ça peut aider s'il a des SDF sous sa houlette.

JEA a dit…

@ D. Hasselmann

il était temps de réactualiser le crin-crin "ma cabane au Canada" par "ma youtre dans les Ardennes"...

(NB : pour compléter votre dernier billet et pour dédramatiser, on ne dit plus "forces de police" mais "farces de police"...)

Sqaravati a dit…

Très technique cette explication sur cette musique si particulière, expression d'un vécu si loin du nôtre et si fier, à juste titre, de ses particularités.
Cette "ambiance" me fait penser au très beau film : Le mariage de Tuya
dont je vous mets un lien ici
http://www.asie-centrale.com/Film-mongol-Le-Mariage-de-Tuya.html

...et ces instruments si différents de ce que nous connaissons émettent des sonorités d'un autre monde.
Je me souviens d'une visite aux musée des instruments de musique de Bruxelles qui m'avait littéralement émerveillée !

JEA a dit…

@ Sqaravati

Double remerciement pour vos liens avec le cinéma et avec ce Musée bruxellois qui (comme d'autres) réserve effectivement bien des surprises mémorables...

MARIE a dit…

Merci pour ce partage ! Je vais me coucher avec ce son mélodieux ;o)

Douce soirée ...