DANS LA MARGE

et pas seulement par les (dis) grâces de la géographie et de l'histoire...

lundi 10 août 2009

P. 157. Août 1945 : Pierre Dac face à Leni Riefenstahl

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Pierre Dac, Drôle de guerre, De Radio Londres à l'Os libre, 29 octobre 1946 - 15 octobre 1947, omnibus, 2008, 1169 p.
Les Chansons de Pierre Dac à la Radio de Londres, Ed. Masspacher, 1945, 23 p. (1)

Tyrol autrichien : Pierre Dac, correspondant de guerre
auprès de la 1ère Armée du général de Lattre de Tassigny,
réalise des reportages gravés sur microsillon.
Sa rencontre avec Leni Riefensthal figure dans les archives de l'INA.

Dans un Reich déchiré en loques sanglantes, les troupes françaises de la 1ère Armée ont fait plier le Tyrol autrichien. La guerre enfin terminée, Pierre Dac s'y rend comme correspondant de guerre, le 1er août 1945. Il envoie à Paris un article destiné à un quotidien issu de la résistance, La France au Combat (8 août).
Micro en main, il effectue aussi des reportages radiophoniques dont l'un relate sa rencontre avec Leni Riefenstahl.

Pierre Dac :

- "Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, je vous parle de Kitzbühel, la plus célèbre station de sports d'hiver du Tyrol, en Autriche. Je me trouve ce soir en compagnie d'une artiste célèbre, dont le nom va certainement vous rappeler quelques souvenirs... Leni Riefenstahl...
(...) De 1940 à 1945, qu'est-ce que vous avez fait ?

- J'ai été malade.

- Je comprends. Il y avait de quoi ! Il y a des maladies qui vous arrivent comme ça, on ne sait pas pourquoi !... Est-ce que vous pensez qu'Hitler est mort ?

- Je crois.

- Vous n'en êtes pas certaine. Hitler vous offert, en 1933, la direction artistique des films allemands. Vous n'avez pas accepté ?

- Je n'ai pas accepté.

- Vous n'êtes pas très bien avec le Dr Goebbels ?

- (Le traducteur intervient :) Elle n'a jamais pu s'entendre avec le Dr Goebbels, parce que le Dr Goebbels n'a jamais voulu reconnaître son art.

A g. : Goebbels et Leni Riefenstahl, la voix et le cinéma du même maître. Le premier jaloux de la seconde.
A dr. : la cinéaste en uniforme pour accompagner la soldatesque allemande lors de l'invasion de la Pologne (Mont. JEA/DR).

- Je crois que ce bon vieil ami Hitler avait une grande admiration pour votre talent, je crois ?

- Oui Hitler a admiré mes films !

- Il a couru des bruits tendancieux, je suppose, entre les relations du Führer et de Leni Riefenstahl.

- Aujourd'hui, le monde entier reconnaît que je n'ai jamais été l'amie d'Adolf Hitler.

Hitler et Leni Riefenstahl. En médaillon, l'égérie préparant une séquence du "Triomphe de la Volonté" à la gloire du dictateur (Montage JEA / DR).

- Il y a tellement de mauvaises langues dans le monde qu'il ne faut pas s'étonner des racontars ! Naturellement, madame Riefenstahl, vous n'avez jamais appartenu au parti nazi ?

- Je n'ai jamais été membre du parti nazi ! (2)

- Bien entendu. Je crois d'ailleurs qu'étant donné ses rapports avec le Dr Goebbels, Leni Rienfenstahl a été une résistante de la première heure et probablement une gaulliste qui s'ignore... Dites-moi, quels sont vos projets maintenant ?

- (Le traducteur intervient à nouveau : ) Son désir est de terminer son dernier film, Les Basses Terres. (3)

- Je crois que c'est une bonne idée. Comme on dit, "Inch'Allah" ou "Ainsi soit-il".

(Puis Pierre Dac à part: ) Leni Riefenstahl a, d'après ce qu'elle a dit, vécu complètement en dehors du national-socialisme. Elle n'a fait que de l'art, uniquement de l'art, encore de l'art et rien que de l'art (4). J'ai tout lieu de supposer que les services de la sécurité ont là-dessus une opinion qui diffère légèrement de la sienne et qu'ils préparent à l'ex-égérie du Troisième Reich une petit scénario dont la mise en scène pourra lui réserver quelques surprises en rapport avec ses antécédents." (5)

A g. : "Le Triomphe de la Volonté" (1934), affiche du film de propagande signé par Leni Riefenstahl. Elle y magnifie la montée en puissance du National-Socialisme avec son idéologie rouleau-compresseur.
A dr. : la cinéaste-propagandiste en tournage, une spécialiste de la mise en valeur des symboles écrasants du nazisme (Mont. JEA / DR).

NOTES :

(1) CD des chansons de Pierre Dac sur Radio Londres : Ed. Universal Music France, Label : EPM Musique.

(2) Antoine de Baecque, Libération du 10 septembre 2003 :
- "Riefenstahl s'est toujours défendue d'avoir adhéré au parti nazi, ce qui est vrai, mais ses liens avec Hitler et ses principaux dignitaires sont constants. Elle a ses entrées dans tous les palais du régime, les documents l'ont amplement prouvé (Glenn Infield, Leni Rienfenstahl et le IIIe Reich, Seuil, 1978)".


(2) Alors que le tournage débuta en 40-41, Tiefland ne fut terminé qu'en 1954. Un flop magistral.

(3) Pierre Assouline sur son blog de "La république des livres", le 14 mars 2007 :
- " Elle prétendait vivre en dehors du temps, de l’histoire immédiate, de l’actualité et de la politique, mais cela ne l’empêchait pas, par exemple, d’envoyer un télégramme de félicitations délirant à de joie à Hitler le jour de la chute de Paris en juin 1940…
C’est du moins ce que l’on trouve, développé et argumenté, dans
deux biographies de la cinéaste préférée du Führer qui viennent de paraître en anglais : l’une de Steven Bach, biographe de Marlène Dietrich, chez Knopf ; l’autre de Jürgen Trimborn, professeur de cinéma et historien de l’art à l’université de Cologne, chez Faber and Faber. Les deux s’attachent à replacer son oeuvre dans une stricte perspective historique dont elle fit tout pour la détacher au moment de reconstruire sa mémoire."

(4) Pierre Dac se montra trop optimiste. Les Anglo-saxons tentèrent effectivement de demander des comptes à la cinéaste sur son total engagement au service de la propagande nazie. Elle devait être de plus inquiétée pour la participation forcée de 60 Tziganes comme figurants dans Tiefland (ils avaient été provisoirement retirés de leur camp pour les besoins du film). Mais les autorités françaises d'occupation la protégèrent. Cocteau ne fut pas étranger à cette complaisance.

"Le Triomphe de la Volonté", finale. Propagande grosses caisses et poudre épate plein les yeux.


28 commentaires:

Loïs de Murphy a dit…

Le déni même en flagrant délit le doigt dans le pot de confiote m'a toujours laissée perplexe.
J'ignorais cette interview menée par Pierre Dac.

JEA a dit…

@ Loïs de Murphy

Les 12 coups de la fin de la guerre à peine en écho... Les négateurs annoncent déjà que leur heure est venue...

brigetoun a dit…

l'angle "peuple de seigneur" du livre de photos sur les masaï partait de la même idéologie.
Encore une ludique et salubre leçon d'histoire

JEA a dit…

@ brigetoun

Oui, merci à vous de prolonger le billet. Le III" Reich n'ayant pas tenu les 1000 ans promis, Leni Riefenstahl fut privée d'uniformes noirs. La voici en allée en Afrique pour tourner des Noirs sans uniformes. Mais toujours avec sa fascination pour la gonflette physique.

Elisabeth.b a dit…

La neutralité de l'art... Je ne connaissais pas non plus cette interview.
Ses protections devaient être puissantes. Il me semble qu'elle a même intenté des proccès pour diffamation.
Son centenaire a donné lieu à des hommages (réhabilitation ?) des plus répugnants.
En leimotiv : son 'talent'. L'Allemagne nazie avait exterminé le talent.
Il y eut aussi ceux qui purent fuir.
La mort, l'exode, des Tziganes arrachés de leur camp le temps d'une figuration... une Reifenstahl se fait place.

claire a dit…

Ah, merveilleux ce bolero de Dac et Francis Blanche !! merci JEA, c'est un vrai trésor !!
Quant à Leni Riefenstahl abstraction faite de son implication directe (sans en faire partie,commode comme artiste) au régime, si c'est toutefois possible mais je crois que non... elle a fait quelques photos superbes (où la gonflette est absente)et en Allemagne et en Afrique, l'ombre et la lumière y sont remarquablement bien dosées, bon voilà ceci ne dit pas cela...

JEA a dit…

@ Elisabeth.b

Vous avez raison de l'évoquer. Mme Riefensthal, juste après guerre, emporta deux procès en diffamation.
Mais.
En jouant, si l'on ose écrire, sur les mots.
Elle a été lavée de l'accusation d'avoir été elle-même "sélectionner" 60 Tziganes au Camp de Maxglan.
Par contre, ces 60 Tziganes sont bien des figurants de son film.
Mme Rienfensthal les aurait donc eu devant ses caméras de son plein gré sans le savoir ?

JEA a dit…

@ Claire

Mais voilà : "abstraction faite"...
Or ces films de propagande ont autant occupé les écrans que les discours de Goebbels sur les ondes du IIIe Reich.
Ce constat objectif n'empêche nullement de reconnaître des avancées cinématographiques : architecture recherchée des lumières et novatrice des plans dans les montages. Plus une bande son en accord avec la pellicule.
Raison de plus pour déplorer qu'un 7e art maîtrisé et inventif, se soit retrouvé ravalé au rôle de manipulation des masses au profit d'une dictature.
En résumé, que Mme Riefensthal ait été une danseuse émérite, une cinéaste, une plongeuse et une photographe hors pair, certes. Mais avec Speer et Breker, elle se voulut l'un des piliers du régime nazi. Il n'y a d'innocence possible pour des intellectuels collabos.

Elisabeth.b a dit…

Oui Claire, elle savait tenir une caméra ou un appareil photo. Avec un goût prononcé pour l'exhaltation de la force.
Il y a quelque chose d'inhumain dans nombre de ses photos. Le goût de la 'nature' dans ce quelle a de plus brutal ? La force sans âme ? Le culte morbide des corps. Mouvement figé. Si loin de la tendresse d'un Boubat par exemple. Lui s'enchante de la vie.

JEA a dit…

@ Claire et Elisabeth.b et...

Lautréamont :
- "Toute l'eau de la mer ne suffirait pas à laver une tache de sang intellectuelle."

claire a dit…

Parlant de ses photos mais vous avez raison Elisabeth et JEA... c'est bien pire que "la force sans l'âme" et TOUS ces travaux sont "tachés", on est bien d'accord!! à regarder froidement,si je puis me permettre le mot(=en essayant de dégager la connaissance historique qu'on en a)on voit bien que les lumières sont trop parfaites, que les géométries sont glaciales et glaçantes et que les corps ne dégagent aucune tendresse... tout cela paraît inhumain et pourtant ce sont des humains qu'une humaine photographie sur terre à un moment précis de l'épopée humaine... c'est peut-être ce terrible paradoxe qui impressionne et cela pose question(sans réponse) sur ce qu'est l'art. J'espère m'avoir bien fait comprendre.

JEA a dit…

@ claire

A propos de l'art, Cocteau - qui tenta vainement de faire inscrire au programme du Festival de Cannes le dernier film de Mme Riefenstahl - avait tout faux quand il écrivait :
- " L'art ne vaut à mes yeux que s'il est la projection d'une morale."
Parce que pour ce qui relève de l'esthétique miroir de l'éthique, la cinéaste a zéro toutes les 24 images par seconde !

claire a dit…

Je parle des PHOTOS de Riefenstahl, elles ont à mes yeux une certaine esthétique. Personnellement je ne lie pas l'esthétique à l'éthique en tant que miroir ou projection... à chacun sa vision de l'art et il y en a autant qu'il y a d'individus au monde. Ceci dit je serais incapable d'avoir une de ses photos dans mon salon ou ailleurs mais ça c'est autre chose.

Elisabeth.b a dit…

Claire je n'ai vu aucune ambiguité dans vos propos. Veuillez m'excuser, j'aurais dû être plus précise. Oui, des hommes filmés ou photographiés comme si seul l'exploit (beauté perçue comme telle, capacités physiques) leur donnait un intérêt. Aucune autre place ne leur est accordée. Montrés à la façon dont Rotwang présente son robot au maître de Métropolis.

Des machines parfaites. Interchangeables. Les jeux d'ombre et de lumière sont effets. Studio ou lumière du jour, celle qui agit est au service d'un ordre qui voulut s'imposer au monde. Une étude de l'architecture totalitaire aurait tout aussi bien convenu à cette sorte de talent.

JEA a dit…

@ claire

Veuillez excuser ma grande maladresse. Je trouvais piquant de comparer
- la définition de l'art donné par Cocteau,
- au ciné-propagande de sa protégée.
Mais si cette incise a pu paraître le moins du monde agressive à votre égard, j'en suis et confus et profondément désolé.
(s) JEA

claire a dit…

Elisabeth et Jea...que de délicatesse !!j'aimerais tant avoir votre éloquence!!soyez rassurés je ne me sens pas offensée, je comprends bien ce que vous dites Elisabeth quand vous parlez de robots et de lumière totalitaire etc. mais il reste que certaines photos me paraissent belles je ne sais pas vous dire pourquio... je connaissais le béguin platonique de Cocteau pour Riefenstahl(ces dessins sont directement inspirés de l'art "biceps,gonflette" de R.) mais j'ignorais cette histoire du Festival de Cannes et j'ai souri de le voir piégé par votre esprit JEA avec cependant un brin de compassion. A ce propos, si un jour l'envie vous prend, cela m'intéresserait que vous puissiez nous instruire davantage sur l'ambiguïté politique de Cocteau.
Bonne soirée et je vous remercie de tout coeur pour cet échange!!

JEA a dit…

@ claire

Dans la biographie de Jean Cocteau par Claude Arnaud (Gallimard, 2003, 864p.) figure une seule allusion à la cinéaste.
In extenso :
- "Victime à son tour de l'hypnose qui avait permis à Speer, via ses canons à lumière et ses retraites aux flambeaux, ou à Leni Riefenstahl, filmant l'envol croisé des athlètes du Reich, d'aliéner le peuple allemand aux rêves de Hitler, en esthétisant son idéologie, Cocteau vécut ces journées dans la plus complète fiction." (p. 587)
Ces "journées" sont celles d'un voyage officiel de Cocteau en Allemagne (automne 41).

Nous avons bien lu : Cocteau "victime"...
Son déplacement dans le IIIe Reich, ses camps et le reste : une "fiction" !

Et pas un mot de plus sur 864 pages pour évoquer Mme Riefenstahl. Voilà une biographie qui ne risquait pas de fâcher.

Blue Jam a dit…

Je préfère le sketch du fakir ;-)

JEA a dit…

@ Blue Jam

L'avis des ligues anti-alcooliques risquerait de peser plus aujourd'hui...

frasby a dit…

J'ignorais complètement que Pierre Dac s'était entretenu avec cette dame. Je me demande vers quel genre de film elle aurait aurait évolué, si elle n'avait pas croisé l'esthétisme-rouleau compresseur du national socialism...
En même temps je connais très mal son art. Je préfère M. le maudit...("Les assassins sont parmi nous) ou le testament du Dr Mabuse à ce propos, monsieur Lang a déclaré plus tard y avoir attaqué indirectement les nazis. (bon d'accord monsieur Lang était autrichien...) Enfin votre article est vraiment passionnant sauf qu'on aurait préféré l'art de la Leni en cinéma zazou.

JEA a dit…

@ Frasby

Aux antipodes de Mme Riefenstahl, F. Lang est l'objet de "pressions" avec son "Testament du Dr Mabuse". Ces messieurs les nazis y voient des dénonciations sous-jacentes de leurs méthodes criminelles.
Goebbels himself convoque Lang et méthode toujours en cours, lui propose honneurs, titres et moyens de filmer pour la propagande du IIIe Reich.
Mais voilà, Lang refuse et en 1933 s'enfuit d'abord en France puis aux States.
Par contre, son épouse-scénariste, Thea von Harbou, va tomber volontairement dans le chaudron nazi. Elle deviendra un paillasson de l'idéologie nazie.
Divorce.

claire a dit…

Merci JEA pour votre réponse concernant Cocteau. Ses dessins d'athlètes se rapprochent très fort des sujets de Riefenstahl et de l'esthétisme allemand de l'époque avec toute cette fascination pour l'art grec antique et la glorification de ses éphèbes, ça m'a toujours frappé...mais c'est dingue qu'on n'ait pas souligné davantage son "voyage"...ironie quand on sait le sort que le régime nazi réservait aux homosexuels, mais Cocteau, est-il au courant? et pourquio après n'a-t-il pas été davantage inquiété pour cette "fiction" alors que d'autres l'étaient pour bien moins,était-il protégé?

julie70 a dit…

Très intéressante se souvenir - mais je ne jetterai pas la première pierre sur un artiste ayant profité a un régime donné.

Appartenir ou non a un parti n'a pas non plus une signe d'être comme tous les autres ou comme les pires.

Ni parmi les SS, ni parmi les Communistes. J'ai entendu des SS ayant sauvé autant qu'ils ont pu, ou au moins, quelques uns quand ils ont eu l'occasion, des Communistes vrais ayant défendu les gens emprisonnés sans aucun raison autre que des ambitions et méchancetés des autres, on en parle des uns, moins des autres.

Merci pour cette merveilleuse réportage, ce n'est jamais trop s'en souvenir, ni de la deuxième guerre, ni comme moi, ces temps-ci me préparant de parlant de Rideau de Fer, tombé il y a vingt ans.

J'en sais quelque chose ayant vécu de l'autre côté jusque mes 28 ans, mais maintenant j'étudie aussi comment c'était vu d'ici.

julie70 a dit…

dans ce dernier film on apperçoit Hitler sourire avec un vrai charme - j'avais entendu qu'il pouvait être très charmant, jusque maintenant, je ne pouvais pas me l'imaginer

a-t-il souri en face de applauses ou a la cinéaste, mais le sourire et là pour témoigner,

les témoignages sont toujours intéressantes plus tard

JEA a dit…

@ Claire

Au nombre des artistes qui firent le voyage vers Weimar, voici le sculpteur Henri Bouchard. A son retour, il publie un article de l'Illustration du 7 février 1942 :

- il s'extasie devant "... la vie presque féerique que le gouvernement du Reich sait faire à ses artistes qui semblent être là les enfants chéris de la nation"
et conclut :
- "... c’est ainsi qu’un grand pays estimant la valeur et l’effort de la création artistique, comprenant sa nécessité dans les fastes de son histoire met sur un piédestal l’artiste, son savoir, son bonheur, sa culture intellectuelle, ses œuvres et la dignité de sa vie".
Weimar, à quelques kilomètres de Buchenwald.
Depuis peu, Roubaix vient de consacrer à Bouchard une annexe entière de son Musée, avec reconstitution de l'atelier du sculpteur !

Dans un proche avenir, il sera tenté de répondre à votre proposition de billet sur le Cocteau de l'occupation. Le sujet est trop complexe pour se prêter à réduction sous forme de commentaire.
Deux exemples :
- La famille de Cocteau était nettement antisémite. Lui, jamais. Il a même tenté d'arracher un Max Jacob à Drancy (en vain).
- Les menaces, hostilités et censures visant Cocteau sous l'occupation vinrent principalement des milieux collabos (voir le dernier Métro de Truffaut). Par contre, côté nazis, Cocteau sut cultiver les amitiés avec des artistes officiels et les relations avec des dignitaires influants. D'où des protections évidentes.
A la Libération, Cocteau n'a été frappé par aucune mesure d'"épuration".

JEA a dit…

@ julie70

Madame,
Hitler n'allait quand même pas "faire la gueule" devant son public et les caméras ?!? Il avait d'ailleurs suivi des cours de maintien et de maîtrise d'expression de son visage.
Ensuite, pas question ici de commencer à vouloir dédouaner le nazisme par le biais d'un quelconque parallèle avec le communisme.
Le sujet de ce billet est et reste : Pierre Dac, juif persécuté s'est sauvé en Angleterre d'où il diffusa moultes billets radios pour les Français occupés. Puis il accompagna les armées de libération en France et remonta jusqu'au Tyrol où il enregistra Mme Liefensthal. Cette dernière répond comme si elle avait tout ignoré ou tout oublié du nazisme dont elle fut une propagandiste nullement innocente.
Mon sujet s'arrête là.
Vous auriez "entendu des SS qui ont sauvé autant qu'ils ont pu" ?
Que ces SS regardent le ciel au-dessus des camps d'extermination !
Le négationnisme n'aura pas de tribune ici.

Elisabeth.b a dit…

Bonjour, jó napot. Je m'autorise une parenthèse pour saluer Julie. C'est sur ses propres pages que je la lis habituellement. On y trouve un tel amour de la vie.

Julie qu'avez-vous voulu dire ? Avez-vous voulu souligner quelques comportements exceptionnels ? Appartenir à un parti quand il est criminel a une signification précise. Le soutenir comme le fit Riefenstahl aussi.

Si l'Occident tarde à dénoncer les crimes du communisme on ne peut les comparer à ceux du nazisme. Je ne prétends pas que vous avez tenté de le faire. Vous connaissez ces régimes. Vous avez quitté la Hongrie, choisissant l'Ouest. Comme vous l'avez si bien transmis, votre grand'mère n'eut pas ce choix.
J'invite les lecteurs de ce blog à lire son journal, que vous avez traduit. L'original a été déposé à Yad Vashem en 1968 :

Notre destin à partir du 19 mars 1944. Journal de Sidonie

JEA a dit…

@ Elisabeth.b

GRAND merci à vous d'avoir dissipé les nuages des malentendus et qui s'annonçaient à l'horizon de ce blog.
Merci aussi pour le lien.