DANS LA MARGE

et pas seulement par les (dis) grâces de la géographie et de l'histoire...

vendredi 29 mai 2009

P. 124. Abécédaire (révélateur) du général Brosset

Le général Diego Brosset (1898-1944), mort accidentellement alors qu'il commandait dans les Vosges, la 1e Division Française Libre (DR).

Carnets de guerre, correspondances et note (1939-1944).

La page 117 de ce blog a proposé une lecture transversale (limitée aux mois de mai 1940 à 1943) des Français en Résistance, Carnets de guerre, correspondances, journaux personnels dans une édition établie par Guillaume Piketty et publiée par Robert Laffont dans la collection Bouquins.
Au nombre des dix auteurs retenus pour cette anthologie, le général Diego Brosset. Ses écrits sont consultables des pages 103 à 412, soit environ un quart du volume.
Cet officier espérait que les lignes qu'il noircissait au fur et à mesure de ses campagnes militaires, ne seraient pas oubliées :

- "Ce cahier est un document d’histoire qui n’est pas sans intérêt, je voudrais qu’il pût trouver la voie pour ne pas disparaître."
(14 mars 1942).


Les extraits qui vont suivre ne sont donc pas "volés", telles des atteintes à une vie privée. Et encore moins manipulés ni déformés. Il en a été retiré une forme d'abécédaire non prévu par le général Brosset mais qui participe à une postérité lucide.

Avant de vous laisser (re)découvrir les pensées de ce général participant à la libération de la France, quelques dates qui ponctuent ses écrits :
- décembre 1939 : Diego Brosset est chef de bataillon,
- avril 1940 : professeur de stratégie et de tactique à l'Ecole supérieure de guerre de Bogota,
- 27 juin 1940 : ralliement à de Gaulle,
- décembre 1940 : lieutenant-colonel,
- octobre 1941 : colonel,
- 1er juin 1943 : général de brigade,
- 1 août 1943 : commandant de la 1e Division Française Libre,
- avril 1944 : débarquement en Italie,
- 16 août 1944 : débarquement en Provence,
- 20 novembre 1944 : se tue au volant de sa jeep à Champagney (Haute-Saône).

Ecriture de Diego Brosset sur ses Carnets (DR).

A la chronologie, il a été préféré ici un
abécédaire subjectif des notes du général Brosset :

Capitant René, commisaire à l'Education nationale :

- "On reproche à de gaulle d’écouter un certain Capitan (1) qui représente la juiverie d’Alger".
(2 juin 1943).

Cassin René, membre du CNL :

- "Cassin (2) qui passe comme un rat et qui pourtant ne veut pas qu’on l’oublie, dont le rôle est peut-être occulte et important."
(10 février 1941).

Dietrich Marlène :

- "Pour corser le paradoxe de ce jour J (3) qui s’écoule dans le calme nous devons recevoir à déjeuner Marlène Dietrich. (…) Elle ne doit plus être toute jeune, 7 ou 8 ans plus tôt, je ne l’eusse pas attendue sans émotion, son type m’impressionne."
(11 mai 1944).

Etat-Major du général de Gaulle :

- "Ces officiers nous ont apporté des nouvelles de Londres. L’esprit juif et politicien militant y domine l’état-major de Gaulle."

(9 mars 1943).

De Gaulle décorant le général Brosset (DR).

Falvy, général :

- "Il y en a qui mériteraient qu’on leur crache au visage : le général Falvy, par exemple, général de cabinet, franc-maçon notoire, responsable de l’avancement dans la défunte armée coloniale, prisonnier de guerre relâché par les Allemands."
(21 mars 1941).

Femmes :

- "Il ne faut courir ni après les femmes ni après les tramways ; il en passe toutes les cinq minutes."
(21 juin 1941).

Français :

- "Ignorance totale des Français de ce que fut notre résistance ; désintéressement de la guerre qu’ils croient finie ; exactions des FFI (4). Tout le drame d’un affreux désordre. Un phénomène de discordance d’une extraordinaire ampleur entre nous qui avons quatre ans rêvé de vaincre et ceux qui, quatre ans, ont accepté d’être vaincus. Impudente inflation de la résistance qui dans la réalité fut exceptionnelle. Cupidité atroce des paysans. Crainte honteuse de la mobilisation chez la plupart. Ingrate rancune contre les Alliés. Indulgence criminelle vis-à-vis des Allemands."
(3 novembre 1944).

Freydenberg Henry, général :

- "J’ai pensé brusquement que si Freydenberg (5) est juif, toute son attitude s’explique ; il serait, humilié, aussi plat qu’il peut être méprisant – intelligemment méprisant puisque juif – et sans classe."
(3 janvier 1940).

Intelligence militaire :

- "Intelligent ou pas (6), quelle importance cela a-t-il pour conduire une brigade au feu ?"
(5 mai 1943).

Juifs :

- "Un réseau militaire et policier a été mis en place pour nous empêcher de recruter autre chose que des Juifs or ils sont nombreux qui viennent de retrouver la nationalité française (7) et qui peut-être veulent s’engager : problème de les accepter et de n’avoir plus qu’une troupe de seconde zone."
(25 avril 1943).


La 1e DFL à St-Etienne, premiers jours de septembre 1944 (DR).

Midi / Nord de la France :

- "Il est évident que l’aptitude du midi de la France aux intrigues politiques, aptitude faite du goût du bavardage et de la réunion électorale continue à jouer et qu’il y faut voir la raison profonde de la prééminence des vieux partis politiques dans les affaires du pays ; tandis que les gens du Nord travaillent opiniâtrement, silencieusement, farouchement à la résistance, le Midi combine, s’exprime, manifeste…"
(10 novembre 1943).

Palewski Gaston, directeur de cabinet du général de Gaulle :

- "Le désordre que l’on entrevoit est digne de l’enthousiasme d’un juif russe décadent et c’est peut-être Palewski (8) en qui il faudrait voir le prototype conscient de ce qu’est par inconscience le Français de la classe dirigeante : l’agent efficace du désastre."

(11 août 1943).

1e Division Française Libre (9) :

- "Les trotskystes comme je les appelle, par leur crainte de se mettre en concurrence avec qui pourrait les égaler ou les battre sur un plan plus général, deviennent des êtres absolument stériles et stérilisés par l’importance essentielle qu’ils donnent au passé (…).
Comme en somme ces hommes sont des esprits assez étroits, ils sont pourtant maniables puisque, ayant besoin de la passion « pour les pousser à faire les choses » il suffit de leur en fournir le combustible et d’en diriger la flamme."
(15 juillet 1944).

- "Cette division, la mienne, m’amuse ou me flatte pour la confiance qu’elle me montre, pour l’exagération de ses exigences, pour la vivacité de ses réactions ; elle m’irrite par son esprit romanesque, son refus de comprendre, son manque de souplesse et pour tout dire d’intelligence."
(3 août 1944).


(Montage JEA / DR).

Vercors, auteur du Silence de la mer (1942) :

- "Jean {Bérard} s’est conduit comme un salaud. Collaborateur avoué il travaille avec et pour les Boches (…). Un ami qui disparaît ! Je préfère le juif Jean Bruller" (10).
(4 août 1943).

Victoire :

- "Il ne faudra jamais oublier que la victoire sera due à deux peuples nouveaux, le russe de la révolution soviétique et l'américain. Tous deux portés par une mystique de la puissance. L'Angleterre, la France si elle revit, devant ces deux grands mâles n'auront qu'un rôle de femme."

(16 mai 1942).


_______________


NOTES :

(1) Les orthographes des noms propres ne sont pas le fort de l’auteur. Il malmène d'ailleurs régulièrement le général de Gaulle.
Roger Capitant, rattaché au mouvement de résistance Liberté, fut commissaire à l’Education nationale du Comité français de Libération nationale.
(2) Grand mutilé de la guerre de 1914. Membre du Conseil de défense de l’Empire français et du Comité national français.
(3) Débarquement en Provence.

(4) Forces Françaises de l'Intérieur, mouvements unis de la résistance.
(5) Alors commandant du corps d’armée colonial français.
(6) Avis sur le commandant de la 154e Brigade anglaise.
(7) Juifs d’Afrique du Nord venant de retrouver la nationalité française qui leur avait été retirée par l'Etat français de Vichy.
(8) Directeur de cabinet de 1942 à 1945.
(9) Diego Brosset commande la 1e DFL depuis le 8 août 1943.
(10) Ce dernier a consacré un Portrait de l'amitié (1946) au général Brosset. En connaissance de cause ou en ignorant les fixations de cet officier à propos des juifs ???


Constat :

Rassembler et proposer à la lecture ces extraits, s'inscrit dans une esquisse historique. Dès les premier mots, on aura compris que toute hagiographie est écartée de même que tout discours aux cocoricos camouflant la nature profonde d'un Diego Brosset.
Or, ce général n'appartint jamais au camp de Vichy. Ce rappel n'est peut-être pas superflu après avoir pris connaissance des Carnets. Avec leurs passages choquants et leurs jugements définitifs, leurs préjugés bien enracinés et leurs mépris largement distribués...

25 commentaires:

brigetoun a dit…

toute une époque - en sa vérité (et non telle que reconstituée).
Avec un sourire : il n'est pas seul à malmener légèrement l'ortographe : De Gaulle, pas de Gaulle

JEA a dit…

@ brigetoun

Personnellement j'ai retenu comme référence l'orthographe de la Fondation et l'Institut portant son nom. Mais vous le soulignez avec raison, j'eus tort de mettre une minuscule en début de légende de photo, merci pour votre oeil du midi.

JEA a dit…

@ brigetoun

Le doute m'a conduit vers le site de la Présidence de la République qui retient la version "de Gaulle" :

http://www.elysee.fr/elysee/francais/la_presidence/la_galerie_des_presidents/v_eme_republique/charles_de_gaulle.20982.html

Elisabeth.b a dit…

La Fondation qui porte son nom... a adopté la particule intermittente. Me voilà ébaubie. Mon côté Sud sans doute.
Elle majuscule quand le nom est précédé de la préposition de : « Le paysage intellectuel de De Gaulle ». Par contre sur la page « De Gaulle et la France Libre » le revoilà anobli : « le général de Gaulle institue, le 27 octobre 1940 (...) ».

C2G ou CDG ? Ces variations sont-elles fréquentes ? Comme la musique de Glen Miller, petites trèves après une lecture sans concession.

Elisabeth.b a dit…

De de en De, Glenn Miller a perdu un N. Le voici donc, avec mes excuses.

JEA a dit…

@ brigetoun
et Elisabeth.b

Encore heureux que ce ne soit pas le général de Lattre de Tassigny...

J'ai oublié qui appelait le "Grand Charles" : "Gaulle" tout court !
Jusqu'à ce jour, j'imaginais que le mépris et la volonté de blesser avaient fait disparaître le "De Gaulle ou de Gaulle". Procès d'intention de ma part ? Celui qui escamotait ce "De-de" cherchait peut-être simplement à contourner un piège orthographique.
La langue française ne manque pas de jardins en clair-obscur et de chemins périlleux.

Elisabeth.b a dit…

JEA dans l'exemple que vous donnez il est difficile de savoir s'il s'agit ou non de mépris. Le nom, s'il était noble, n'ayant qu'une syllabe prononcée, 'Gaulle' tout court serait il me semble tout aussi incorrect.
Mais j'abandonne ce chemin. Il éloigne trop de votre abécédaire.

JEA a dit…

@ Elisabeth.b

Mes souvenirs remontent vraisemblablement aux lectures de J. R. Tournoux :
- "La tragédie du général", Plon, 1967.
ou
- "Jamais dit", Plon, 1972.
Mais les ouvrages de cette époque-là sont rassemblés dans une bibliothèque qui a beau être mienne mais se trouve à plus de 100 km de mon coin actuel...

Mifa a dit…

C'était toute une époque... Et dis-lui, à ce général, que le Midi l'emm.... car mon père - ma mère aussi - y était résistant, et qu'il a si souvent failli être tué qu'on aurait pu le surnommer "trompe-la-mort". A vrai dire, la profondeur de sa pensée, à ce général, me laisse sans voix. Heureusement qu'il y a eu, et même dans le camp adverse, des généraux autrement mieux pourvus.

D. Hasselmann a dit…

Etait-il de la même famille que la "comique" Colette Brosset ? Ses préjugés et son antisémitisme comme mis en avant telle une médaille en font un être peu ragoûtant, même si ses faits d'armes (on parle ainsi de ceux des autres quand on est un général) sont sans doute là pour le racheter.

De Gaulle (en début de paragraphe, c'est l'idéal, pas de souci de majuscule ou de minuscule dans son nom !) a su utiliser toutes les volontés pour chasser l'occupant : il était fatal que dans les cohortes se retrouvent des individus ayant intégré tous les clichés - même les plus meurtriers - de l'époque.

On se dit quand même que ce Brosset aurait été plus à l'aise, pour exprimer son fiel, dans les rangs des milices pétainistes. Mais "le feu"de "sa" Division, au service de la Libération, aura servi de laisser-passer à ses idées nauséabondes.

JEA a dit…

@ Mifa

Pour alimenter votre courroux volcanique, cette présentation du général Brosset par Guillaume Piketty :
- "Chef d'une trempe exceptionnelle, friand de sport et esthète, humaniste et mystique à ses heures, exigeant mais très proche de ses hommes..." (p. 106)

JEA a dit…

@ D. Hasselmann

De sa famille, il ne cite que ses enfants :
- "Isabelle grandie sans embellie de visage, mais dont le corps se dessine bien, difficile mais avec moi toujours attentive, donc par et pour moi plastique ; Ijo de plus en plus ardente et concentrée ; Eliane, violente, active, autoritaire et décidée, très pareille à maman... elle aime déjà les fleurs ; Henri doux et brutal, ardent et bon, rêvant plaies et bosses mais content de rendre service." (p. 301).

Mifa a dit…

@JEA : loin de moi l'idée d'assimiler ce général aux nazis, ce qui serait à la fois une stupidité et une insulte, mais cet éloge me rappelle que les nazis étaient parfois de fins mélomanes - il y a même eu dans certains camps de la mort un orchestre composé de pauvres types promis à la chambre à gaz. Ils aimaient aussi beaucoup la peinture, pas celle qu'on badigeonne sur les murs : celle qu'on trouve dans les musées. Etc.

Loïs de Murphy a dit…

@Mifa : ça me fait penser qu'il y a eu un film sur le sujet : Sursis sur orchestre.

JEA a dit…

@ Mifa

Madeleine Riffaud (Reiner dans la résistance) ne peut plus écouter du Bach depuis qu'elle a été torturée dans les locaux de la Gestapo allemande, rue des Saussaies à Paris.
Ces messieurs écoutaient avec extase des suites pour violoncelle entre deux "interrogatoires".

JEA a dit…

@ Mifa et Louïs de Murphy

Professionnellement, j'ai été à Auschwitz avec un violoniste de l'orchestre de ce camp. Un virtuose qui survécut à la Shoah grâce à son art. Dès son retour à Anvers, il accrocha son violon à un mur. Ne le toucha plus jamais, sinon des yeux. Et devint chauffeur de taxi.

Elisabeth.b a dit…

J'ai toujours cette question. Pourquoi a-t-on choisi comme hymne européen une musique qui a pu être jouée dans les camps ?

JEA a dit…

@ Elisabeth.b

"Résolution 492 (1971)1 de l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe relative à un hymne européen (8 juillet 1971)

L'Assemblée,

1. Considérant l'adoption par le Comité des Ministres en 1955 du drapeau de l'Europe, et l'institution d'une Journée de l'Europe en 1964 ;

2. Considérant qu'il convient à présent de doter l'Europe en formation de son hymne, outre son emblème et sa Journée, à l'instar des symboles de nos États nationaux ;

3. Considérant qu'il convient de porter le choix sur une œuvre musicale représentative du génie de l'Europe et dont l'utilisation dans les manifestations à caractère européen constitue déjà l'ébauche d'une tradition ;

4. Rappelant à cet égard que les initiatives en vue de l'institution de symboles européens ont déjà pris naissance à l'Assemblée Consultative et à la Conférence européenne des Pouvoirs locaux représentant les collectivités locales en Europe,

5. Décide :

(a) de proposer l'acceptation par les pays membres comme hymne européen du prélude à l'"Ode à la joie", 4e mouvement de la IXe Symphonie de Beethoven ;

(b) de recommander son utilisation dans toutes les manifestations à caractère européen, le cas échéant de pair avec l'hymne national des pays respectifs ;

(c) d'inviter la commission chargée des relations avec les parlements nationaux et le public, la commission de l'aménagement du territoire et des pouvoirs locaux, ainsi que la Conférence européenne des Pouvoirs locaux à prendre toutes les mesures appropriées pour la mise en œuvre de cette résolution."

Cette résolution de 1971 semblerait avoir été fortement influencée par le bicentenaire de la naissance de Beethoven (1970).
Ce qui ne répond pas à votre question...
Mais s'il avait fallu interdire tout ce que les nazis ont imposé aux orchestres des camps, ne leur aurait-on accordé une sorte de droit de pollution défintive de la musique ???
Par contre, et c'est encore une autre question, quid des complaisances envers par exemple un Karajan ?

Elisabeth.b a dit…

Merci pour ce texte JEA. Oh je ne songeais pas à faire interdire. Le génie d'un Beethoven n'est pas en cause non plus. Mais au-delà de cette incapacité à créer un nouvel hymne - les musiciens ne manquaient pas qui étaient capables d'en composer - choisir une mélodie qui pouvait avoir des échos terribles, ne fut-ce que pour l'un d'entre nous, je ne comprends pas.
Je le ressens ainsi. Je ne prétends pas être pertinente. Je n'ai jamais accepté ce choix.

Oui, Karayan et tant d'autres...
Il y a eu un film d'István Szabó : Taking Sides - Le cas Furtwängler. Et cette exposition il y a quelques années : Le IIIe Reich et la Musique. Des traces ici.

JEA a dit…

@ Elisabeth.b

Malaisé d'être (presque) à la hauteur de vos questions, et c'est très bien ainsi...
Vous avez raison, dès 1949, plus d'une dizaine de compositions inédites sont proposées pour un futur hymne européen. Dont le "Chant de la Paix" de Jehanne-Louis Gaudet qui le dédie à P-H Spaak.
Mais en 1962, il est décidé au niveau européen de ne retenir qu'une "oeuvre déjà existante et bien connue".
Et en 1963, la Section belge du Conseil des Communes d'Europe est la première à rendre public et officiel son choix de l'Hymne à la Joie...

Elisabeth.b a dit…

Oh ce sont simplement des questions...
J'ai donné un lien qui semble bien capricieux.
Une conférence sur le même thème : 'Entartete Musik, ou la censure nazie - Les sons étouffés du IIIe Reich'. À écouter ici

Mifa a dit…

je viens d'appeler ma mère au téléphone pour lui demander (suite à ton article sur les phrases codées de la résistance ) si elle pouvait m'en citer. Elle ne se souvient plus que des deux qui annonçaient un parachutage, et du fait que tous les membres concernés partaient alors baliser les terrains, récupérer ce qui devait l'être, etc... le plus souvent à la tombée de la nuit. C'est elle qui était chargée d'écouter la radio afin de ne louper aucun messages.
Les deux phrases étaient : Un louis vaut 20 francs (et) La crinoline n'est pas commode.
Par ailleurs elle a bien ri des citations que je lui ai lues, celles de cet article-ci. Sa réflexion : " Pas étonnant qu'on ait perdu la guerre en 41, avec des loustics comme celui-là !"
Elle aimerait savoir si tu comptes publier quelque chose sur ce sujet - version papier - et j'ai promis de te poser la question.

Enfin, je suis très touchée de ce que tu racontes sur les déportés.

sylvie a dit…

Incroyable mais vrai...
Ce général était bigrement de son temps pour être parmi ceux qui ont cru en l'avenir...
A se demander comment il a fait pour s'y retrouver...
J'ai de plus en plus envie d'y jeter un œil à ce bouquin...

JEA a dit…

@ Mifa

Imaginer sa mère accro aux messages venus de Londres, figurant parmi les rares personnes à pouvoir comprendre le vrai prix d'un louis. A pouvoir annoncer que la crinoline va être parachutée...
Il n'y a pas d'usure du temps pour de telles émotions.
Mes publications (ne) portent (que) sur la Shoah. Elles sont limitées à la Société d'études ardennaises et à Tsafon (Histoire juive du Nord) plus une en attente à l'université libre (= laïque) de Bruxelles.

JEA a dit…

@ Sylvie

Par contre, personnellement, il me semble que les textes de Pierre Brossolette et du général Leclerc ne présentent qu'un intérêt au maximum anecdotique. Comme si ces noms "prestigieux" avaient été récupérés comme prétextes de vente.