DANS LA MARGE

et pas seulement par les (dis) grâces de la géographie et de l'histoire...

mardi 12 janvier 2010

P. 223. "Le Rayon vert" d'Eric Rohmer

.

Couverture de l'Edition Hetzel (DR).

Voyages extraordinaires
dans les bibliothèques,
Contes et Proverbes

sur les écrans de cinéma...

Si Jules Verne n'est pas immortel
du moins n'est-il pas mort
son espérance de vie
est celle des livres
brûlés ici
relus là-bas
parfois au rebut
plus souvent reliés
redorés
et relus
caractères d'imprimerie
qui ont un fameux caractère
gravures graves
et toutes ces émotions
pour celles et ceux qui retournent en enfance
ou qui rêvent de vieillir dans un monde
sans mode d'emploi...

le Rayon-Vert de Jules Verne
s'est faufilé sur une nouvelle vague
(24 plages à la seconde)
celle d'Eric Rohmer.

(Affiche : DR).

les yeux peuvent se fermer
et les paupières devenir tombales
le Rayon restera aussi rare
aussi énigmatique
authentique
insaisissable sur le sable des plages
à l'heure inexistante
entre deux silences
quand le soleil aura fini de crever
l'écran de l'horizon.

Edouard Civière :

- "Les dix dernières minutes du Rayon vert affirment magnifiquement une croyance dans le cinéma et dans son pouvoir d'émotion et d'émerveillement. Chaque élément a tendu vers cet instant où tout fait sens, où, selon l'adage, on voit en soi et en ses proches.
Là, sur cette falaise, face au soleil couchant, un phénomène météorologique parfaitement connu est aussi un événement magique, Baudelaire ("Ah ! Que le temps vienne. Où les coeurs s'éprennent", sous-titre du film) et Jules Verne dialoguent, le cinéma devient à la fois peinture et musique, le début (d'un amour) et la fin (d'une journée, d'un récit) se rejoignent.
Comme un faisceau lumineux, tout converge, et cela avec l'économie de moyens habituelle au cinéaste. Si Le rayon vert n'est pas la plus pure des oeuvres de Rohmer, c'est assurément l'une des plus émouvantes."
(Kinok.com).

(Montage JEA / DR).

Le Rayon Vert
celui qui s'obstinera à rimer avec Rohmer...

________________



Autres tristesses, par "ordre" d'entrées en scène sur les blogs :

- Cactus

- Dominique Hasselmann


23 commentaires:

brigetoun a dit…

beau poème pour saluer l'un de ses plus beaux films au Monsieur

Cactus a dit…

merci JEA/JEA !
bel hommage !
à ma mort , tu pourras écrire quelques mots sur moi : je partirai alors heureux !
je compte sur toi , vous contez sur moi !
sissi !

JEA a dit…

@ brigetoun

texte improvisé
mais contrairement aux autres pages cinéma de ce blog, quand je m'abstiens de tout avis personnel car sans grand intérêt, ici, les mots ont auparavant hésité dans mon seul encrier

JEA a dit…

@ Cactus

il me faudrait une (dé)raison funèbre
sissi
pour lire le mot "fin"
sur l'image d'un Cactus sur le départ
mais promis, une voix off
pour un comment-taire pas bavard mais buvard de nos émotions

MH a dit…

Des mots doux, subtils pour dire ce grand artiste et le choix du Rayon Vert pour le dépeindre... c'est comme un conte.

JEA a dit…

@ MH

Si Maurice Schérer a confirmé : "Coupez!",
Eric Rohmer rayonne toujours...

D. Hasselmann a dit…

J'y ai pensé, au "Rayon vert", à cause de la photo (pas en la prenant, mais après...), merci pour le lien, et ce film garde sa magie douce et insinueuse.

Votre évocation a la sensibilité (comme on dit d'une pellicule) juste.

"Le Rayon vert" un film que je dois avoir en VHS, il faudrait le racheter en DVD, mais les rééditions vont affluer, maintenant !

JEA a dit…

@ D. Hasselmann

il faut voir et revoir
votre photo prise hier à vers 17h30
à la Chapelle
comme prémonitoire

zoé lucider a dit…

J'ai dit chez DH que Rohmer ne fait pas partie de mes cinéastes préférés, mais ce film oui. J'aime beaucoup Marie Rivière(une actrice "fétiche"comme on dit mal à propos d'ailleurs); mais peut-être devrais-je revoir ses films. Pauline à la plage m'avait terriblement agacée (Dombasle sans doute ).je dois avouer ne rien avoir vu de récent.Paix à l'homme

JEA a dit…

@ zoé lucider

pas plus fanatique de Rohmer que de qui que ce soit d'autre
j'ai gardé de la projection du "Rayon vert" un souvenir qui ne prend pas une griffe sur la pellicule
d'où ce choix spontané pour improviser cette page...
sinon les femmes-vedettes, mannequins, fétiches et autres objets, ce n'est pas moi qui agiterais ces épouvantails-là sous votre fenêtre (ni une autre) !

zoé lucider a dit…

J'ai utilisé le terme parce qu'on le voit beaucoup utilisé et particulièrement pour Marie Rivière qui mérite mieux. Nous partageons donc le goût du Rayon vert. Comme DH, je l'ai en cassette pour le faire découvrir aux enfants. La technique va trop vite, plus de lecteur pour les anciens supports. Pfff.

JEA a dit…

@ zoé lucider

entre l'arbre de vos regards et l'écorce de ma lecture, il n'y a point de place pour une feuille à cigarette de malentendu...

zoé lucider a dit…

Heureusement! J'en serais très peinée

JEA a dit…

@ zoé lucider

vos dernières photos de neige : on les imaginerait prises d'avion (écologique, of course)...

Frasby a dit…

"Le rayon vert" est le second film que j'ai vu d'Eric Rohmer. Cela devait durer juste le temps d'un film, sauf que j'y suis retournée chaque jour pendant toute la semaine. Et chaque jour je découvrais plein de petites choses très fines dans le jeu des acteurs, les dialogues, dans la mise en scène. Le film qui m'a fait découvrir Rohmer qui reste mon préféré ce sont "Les nuits de la pleine lune"avec la regrettée Pascale Ogier. "Rayon vert" et "les nuits"...
Merci pour ce billet très fidèle à l'esprit du cinéaste. J'apprécie particulièrement votre choix. Cet hommage là.

JEA a dit…

@ Frasby

Présentation des "Nuits de la pleine lune" par le Ciné-Club de Caen :

- "Qui a deux femmes perd son âme, Qui a deux maisons perd sa raison" proverbe champenois. Quatrième film de la série Comédies et proverbes. Louise (imprévisible, irrésistible Pascale Ogier) et Octave (Fabrice Luchini) discutent interminablement des choses de l'amour. Ils se croient sincères et ils mentent. Ils parlent de "mecs", de "gars" et de "nanas". Et pourtant leurs dialogues ressemblent à ceux du XVIIIe siècle. Aussi beaux, précis, élégants. Et drôles ( Octave dissertant sur "l'animalité pathétiquement bestiale" de son rival Rémi).

Pour Claude-Marie Trémois, ce film - le plus beau de la série - ressemble à une sonate de Mozart. En gris et bleu. Si Marne-la-Vallée est bleu et blanc, la chambre de Louise, à Paris (décorée par Pascale Ogier) est grise. Et les écharpes changent de couleur au gré des sentiments. Car, au fil de quatre mois (de novembre à février, un acte par mois), les sentiments évoluent. Quand l'un s'éprend, l'autre se déprend. A trop badiner avec l'amour, le hasard vous joue des tours."

Saravati a dit…

Je ne me souviens pas très bien des quelques films de Rohmer que j'ai vus. C'était il y a bien longtemps et je leur trouvais alors une sensibilité nombriliste. Mes les sensations évoluent comme ceux qui les ressentent avec le temps.
La mort n'est pas un tribunal où l'on est jugé par ses pairs restés sur terre mais elle a le mérite d'orienter les projecteurs vers des zones que l'on considérait parfois comme des pans d'ombre.
J'essaierai sans doute de diriger mes pas vers un de ces phares !

Elisabeth.b a dit…

Élégance rare d'un Rohmer... Le refus de la pesanteur n'est pas nombrilisme.
Saravati faites aussi un détour vers Kleist et l'adaptation de La marquise d'O.

Elisabeth.b a dit…

Élégance rare d'un Rohmer... Le refus de la pesanteur n'est pas nombrilisme.
Saravati faites aussi un détour vers Kleist et l'adaptation de La marquise d'O

Saravati a dit…

@ Elisabeth
Merci pour cette référence que je vais rechercher.

sylvie a dit…

Les films de Rohmer restent en mémoire. Tout y est extrêmement sensible. j'ai vu le rayon vert il y a longtemps déjà... et ce soir, passe à la TV Les nuits de la pleine lune... J'en garde un beau souvenir. Un film très esthétique.
Ton billet est un bel hommage.

JEA a dit…

@ Savarati

Bonne brise pour votre navigation et merci pour la rose des vents que vous propose Elisabeth.b

JEA a dit…

@ sylvie

ce billet : du bricolage le soir alors que l'on s'attend pour le lendemain matin à un débordement des baignoires médiatiques
mais voilà, avec ce rayon-là, il y a une persistance rétinienne dans mes souvenirs