DANS LA MARGE

et pas seulement par les (dis) grâces de la géographie et de l'histoire...

samedi 25 juillet 2009

P. 149. Le cinéma qui ne sera pas d'ici

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Sur l'écran de ce blog sont projetés quelques films nostalgies. Mais encore l'un ou l'autre longs métrages promis à la confidentialité, non par choix de réalisateurs masochistes mais en conséquence des lois d'un marché décrétant que le cinéma n'est jamais que le 7e lard. Ici, tant, trop de ces films restent des OVNI : on les entend à peine évoquer et de très loin. Ils disparaissent ailleurs, ombres sans lendemains.

S'il avait obtenu une large diffusion, le "Portrait de groupe avec enfants et motocyclettes" ne m'aurait sans doute pas incité à affronter plus de 40 km de routes surchargées pour trouver enfin une salle obscure où le découvrir. Ceci dit sans agressivité. Mais son réalisateur, Pierre-William Glenn a signé les images de "La Nuit américaine", et, à ce titre, appartient - du moins à mon estime - au cercle trop restreint des bienfaiteurs de l'humanité. Ensuite, ce "Portrait..." ne parviendra sans doute jamais à se faufiler jusqu'à un cinéma ardennais. D'où cette page anti-commerciale.

Pierre-William Glenn :
Portrait de groupe avec enfants et motocyclettes

Synopsis :

- "La vie, les espoirs, les contes d'une promotion d'élèves enfants pilotes de 8 à 14 ans de course motocycliste".

Pierre-William Glenn :

- "Je vais rencontrer des jeunes filles, pilotes de moto, qui vont briser un tabou dans une école d’apprentissage à la moto de course et je vais en apprendre un peu plus sur moi-même.
Une année qui parle du temps qui passe, du cinéma que toujours le mouvement anime, de ces grands, champions ou acteurs d’hier et d’aujourd’hui, qui restent vivants, pour toujours, comme les Indiens d’Amérique."

Interview de Pierre-William Glenn.

François Barrois :

- "Toute une saison durant, le réalisateur a suivi les petits pilotes et leurs familles dans leur vie quotidienne. Plus qu’un simple documentaire sur la course à moto, Willie présente ici une galerie de portraits intimiste et touchante, entremêlée d’interviews de grands pilotes, d’images d’archives et d’astucieuses mises-en-scène.
Perdus dans l’espace-temps, entre les mythiques années 1970 et « maintenant », nos jeunes pilotes (6 à 14 ans) deviennent tout aussi intrigants que les Rossi et Stoner, qu’ils vénèrent, et les Agostini et Rougerie, qui hantent l’histoire des circuits. Un tour de passe-passe émouvant, qui nous ramène tout droit dans les yeux de ces enfants, passionnés comme jamais, tout simplement..."
Motomag.com, 7 mai 2009

Gilles Jacob :

- "Vous pouvez vous vanter de m’avoir intéressé à la moto ce qui était rigoureusement impensable. 0 chance sur 100. Je pense que cela vient de l’extrême délicatesse et la grande sensibilité avec lesquelles vous avez montré ces fanatiques. En fait votre film ne raconte pas seulement la passion de la moto, il s’agit là bien plutôt d’un état d’esprit. Il ne s’agit pas seulement de sport ni de vitesse, il s’agit d’une espérance et d’une attitude dans la vie. Comment sortir de la banalité du quotidien. Et c’est ce qui est beau, ce qui me plait et qui dépasse de loin le simple documentaire sur un milieu donné."
Commeaucinéma.com

Bertrand Tavernier :

- "Aller d’un plan à l’autre, d’une scène à l’autre, d’une idée à l’autre en véhiculant avec soi des milliers, des millions de voyageurs. Sans déraper, sans chuter, sans s’égarer. Comme si la notion de temps, de trajet, de destination était au cœur de la mise en scène. Au cœur du cinéma. Je pensais à tout cela après avoir vu le film de Pierre William Glenn. Qui parle de tout cela. Avec pudeur et délicatesse. Et cela me faisait chaud au cœur."
Commeaucinéma.com


Image du documentaire dédié à Clint Eastwood.

Jean-Luc Douin :

- "Chef opérateur réputé (il a fait bénéficier de son talent des cinéastes comme Jacques Rivette, François Truffaut, Alain Corneau, Bertrand Tavernier, Joseph Losey, Maurice Pialat), actuel Président de la Commission Supérieure Technique des Industries du cinéma, Pierre-William Glenn est passionné par la motocyclette depuis 50 ans. Il a d'ailleurs déjà consacré deux films à cette passion : Le Cheval de fer (1974) et 23 heures 58 (1992).
Dédié à Clint Eastwood, cet attachant documentaire a été tourné dans une école d'initiation au pilotage de la moto de course pour enfants de 8 à 14 ans. Pour la plupart fils ou filles d'anciens pilotes, ces gamins sont filmés dans l'exercice de leur apprentissage mais aussi interrogés sur l'influence de leur environnement familial.
(…)
Nul besoin d'être accro à la moto pour goûter Portrait de groupe…., y être touché. Un homme de convictions y livre quelques principes. Savoir profiter de l'expérience des autres, comme John Whiteley aux côtés de Stewart Granger, son père d'adoption dans le Moonfleet de Fritz Lang. Rechercher sa vraie famille, celle que l'on se choisit, celle où l'on se sent bien. " Filmer ce qu'on a dans la tête ". Et s'interroger sur la prétendue incompatibilité entre féminité et sports mécaniques. Portrait de groupe…, vous verrez, n'est pas seulement un film d'hommes.
Le Monde, 21 juillet 2009.


La distance répétée des vagues. Image du film.

Libération :

- "Ce fan de sports mécaniques a filmé les mômes comme s'il capturait, tout en douceur, l'enfance de tous les héros de sa propre jeunesse. Il filme les tours de piste et les première gamelles de Thibaut, Allan ou Lucine comme s'il filmait les premiers pas de Marlon Brando ou d'Ava Gardner. Il regarde ces mômes avec la certitude affectueuse de celui qui sait qu'ils seront un jour les égaux des grands champions de sa jeunesse.
En cela, Pierre-William Glenn réussit l'étonnante prouesse de faire comprendre à ceux pour qui la moto restera à jamais un livre fermé, qu'ils passent à côté de quelque chose. Il réussit en outre à concrétiser sur un écran sa devise : "Les acteurs, les pilotes et les Indiens ne meurent jamais."
22 juillet 2009.


Bande annonce.

13 commentaires:

brigetoun a dit…

peut être une vie en DVD si le bouche à oreille marche (à vrai dire il me faut cela pour passer par dessus film sur motos)

JEA a dit…

@ brigetoun

Déjà que les bicyclettes vous insupportent à Avignon... On n'ose imaginer les motocyclettes...

Les cheveux dans le vent a dit…

En général je me méfie assez de la nostalgie... Mais la motocyclette dans votre lucarne, ça fait un truc drôlement chouette. (En tant qu'inconditionnelle de la Vespa
Piaggio ;-) ayant passé toute mon enfance sur le porte bagage de la super mobix du grand frère d'une copine, ce caïd ! avec quand même un petit "Lyon-Rome" sur Yamaha 125 mi route-mi cross (on en rit encore!)
bon... Bon ! je vois pas trop ça comme un sport, mais c'est quand même assez sportif n'est ce pas ? et puis j'adore ce qu'en dit ce cher Bertrand. Alors merci pour le billet !

JEA a dit…

@ Les cheveux...

Veuillez lire ici la reconnaissance de tous les hérissons que vous épargnâtes précieusement au cours de vos motocyclades.

Zoë a dit…

Voilà un billet qui plairait à la féekabossée, je vais lui signaler de ce pas. Quant à moi, je déteste le bruit des moteurs mais quand j'étais ado, la mobylette c'était mon mustang pour filer vers la ville et aller au cinéma, justement

JEA a dit…

@ Zoé

De très loin, je vous ai suivie, en allant donner mes cours à mob (débridée, il est vrai). Par d'anciens chemins de hallage, puis des ruelles désertes au petit matin, au soleil glissant.

ND a dit…

Quel beau clin d'oeil à tous les amoureux du cheval de fer.

Les cheveux dans le vent a dit…

Les hérissons sont merveilleux (on ne le dira jamais assez) et j'espère bien qu'un jour (une nuit !) en passant par chez vous sur mon infernal bolide (une Flandria 50 avec pot d'échappement de Harley), vos chers amis me feront une haie d'honneur, illuminée par la grâce de leurs amis (qui sont aussi nos amis): les vers luisants.
(Vous pourriez leur demander gentiment, si c'est possible ?)

JEA a dit…

@ ND

En attendant ta propre page sur ce blog. Ce qui ne saurait tarder.

JEA a dit…

@ aux cheveux et au vent

Les hérissons d'ici sont particulièrement pointus côté sympathies. Votre Flandria (ciel, ils apprécient) sera donc la très bienvenue.
Par contre, j'ai le triste devoir de vous décevoir. Pas l'ombre d'un seul ver luisant par les rièzes et les sarts. A moins de les déporter, ce que vous ne supporteriez certainement pas plus que nous...
Cependant, si c'est une nuit que vous traversez pour venir jusqu'ici, pas besoin de mobiliser les sangliers de service. Ils s'inviteront d'eux-mêmes à la fête ! Et ils viendront avec leurs gros sabots, les bougres.

féekabossée a dit…

C'est vrai que c'est une très belle page (comme les autres me semble-t-il, mais je découvre, merci Zoé) dédiée à un plaisir de solitaire qui se partage à l'infini.
Cette bande annonce me fait penser à ce film, dont on n'a pas beaucoup parlé non plus,"Burt Monroe" avec un Hopkins mémorable. Un homme de 70 ans qui aura voué sa vie à sa passion pour la même machine, une Indians (magique).
Juste merci pour ces belles images et cette bien jolie page.

JEA a dit…

@ féekabossée

Bisque bisque rage ! Stimulé(e) par votre commentaire, tout(e) qui vadrouillera sur les images de Google and co s'y émerveillera de l'Indians de Burt Monroe. Une sculpture, enfin, je veux essayer de dire : aussi une oeuvre d'art.
Mais hélas mes limites en informatique m'empêchent d'en proposer ici un cliché.

Yojik a dit…

J'ai vu "cheval de fer" un des premiers films du William. J'ai aimé.
Parce qu'au-delà du monde des courses à moto, il y avait un truc spécial qui donnait l'impression de voir des potes à soi, qu'on aurait aimés depuis toujours sans jamais les connaître.

Merci pour ce coup d'oeil, j'irai forcément jeté le mien.