DANS LA MARGE

et pas seulement par les (dis) grâces de la géographie et de l'histoire...

dimanche 19 juillet 2009

P. 146. Nelson Mandela : 91 ans d'"un long chemin vers la liberté"

.
Fayard, 1995 et Livre de Poche, 1996.

Certes la liberté aussi vieillit mais comme une pierre qui se taille et se lisse, avec une infinie patience, loin des musées et des salles de spectacle, malgré les vandales et leurs bottes cloutées, sans uniformes ni musique militaire.
Nelson Mandela vient d'avoir 91 ans.

Johnny Clegg : Asimbonanga (We have not seen him)

Asimbonang' u Mandela thina (We have not seen Mandela)
Laph'ekhona (In the place where he is)
Laph'ehleli khona (In the place where he is kept)

Oh the sea is cold and the sky is grey
Look across the Island into the Bay
We are all islands till comes the day
We cross the burning water

Asimbonanga (We have not seen him)
Asimbonang' u Mandela thina (We have not seen Mandela)
Laph'ekhona (In the place where he is)
Laph'ehleli khona (In the place where he is kept)

A seagull wings across the sea
Broken silence is what I dream
Who has the words to close the distance
Between you and me

Asimbonanga (We have not seen him)
Asimbonang' u Mandela thina (We have not seen Mandela)
Laph'ekhona (In the place where he is)
Laph'ehleli khona (In the place where he is kept)

Steve Biko
Asimbonanga (We have not seen him)
Asimbonang 'umfowethu thina (we have not seen our brother)
Laph'ekhona (In the place where he is)
Laph'wafela khona (In the place where he died)

Victoria Mxenge
Asimbonanga (We have not seen him)
Asimbonang 'umfowethu thina (we have not seen our brother)
Laph'ekhona (In the place where he is)
Laph'wafela khona (In the place where he died)

Neil Aggett
Asimbonanga (We have not seen him)
Asimbonang 'umfowethu thina (we have not seen our brother)
Laph'ekhona (In the place where he is)
Laph'wafela khona (In the place where he died)

Hey wena (Hey you!)
Hey wena nawe (Hey you and you as well)
Siyofika nini la' siyakhona (When will we arrive at our destination).


Nelson Mandela dans la misère, derrière les barreaux (27 ans - matricule 46664), apaisé (Montage JEA / DR).

Nous ne l'avons pas vu
Nous n'avons pas vu Mandela
A l'endroit où il est
A l'endroit où il est prisonnier

Oh la mer est froide et le ciel est gris
Regarde au-delà de l'île vers la baie
Nous sommes tous des îles jusqu'au jour
Où nous traversons l'eau en flammes

Nous ne l'avons pas vu
Nous n'avons pas vu Mandela
A l'endroit où il est
A l'endroit où il est prisonnier

Un goéland vole par-delà la mer
Je rêve d'un silence brisé
Qui a les mots pour fermer la brèche
Entre toi et moi

Nous ne l'avons pas vu
Nous n'avons pas vu Mandela
A l'endroit où il est
A l'endroit où il est prisonnier

De g. à dr. : Steve Biko, Victoria Mxenge et Neil Aggett (Montage JEA / DR).

Steve Biko (1)
Nous ne l'avons pas vu
Nous n'avons pas vu notre frère
A l'endroit où il est
A l'endroit où il est mort

Victoria Mxenge (2)
Nous ne l'avons pas vue
Nous n'avons pas vu notre soeur
A l'endroit où elle est
A l'endroit où elle est morte

Neil Agett (3)
Nous ne l'avons pas vu
Nous n'avons pas vu notre frère
A l'endroit où il est
A l'endroit où il est mort

Hé toi !

Hé toi et aussi toi
Quand arriverons-nous à notre destination ?


Enregistrement de 1999. Johnny Clegg et Nelson Mandela.

NOTES :

(1) Steve Biko (1946-1977). Leader étudiant et pacifiste. Mort en prison de violences policières (et non d'une grève de la faim comme le régime de l'apartheid tenta de l'affirmer). Sujet du film "Cry freedom" de Richard Attenborough en 1987.

(2) Victoria Mxenge (1942-1985). Avocate engagée dans la défense des droits des noirs opprimés. Arrêtée puis assassinée par les forces dites de l'ordre.

(3) Neil Aggett (1953-1982). Médecin et syndicaliste. Premier blanc d'Afrique du sud mort en carcéral après avoir été torturé par des policiers de même couleur.


Bande annonce du Cri de la liberté, R. Attenborought (1987).


11 commentaires:

brigetoun a dit…

tout beau billet dès votre première phrase

JEA a dit…

@ brigetoun

Profitant lâchement de votre commentaire, je suggère à ses lecteurs de vous suivre jusqu'à votre rendez-vous quotidien avec le festival d'Avignon. Un privilège de découvrir ce florilège...

Chr. Borhen a dit…

Cher JEA, comme je suis heureux de lire un tel billet !

S'agissant des grands politiques qui ne sont ni plus ni moins qu'un rendez-vous exigeant et permanent avec la Liberté, avec la Démocratie, et, pour tout dire, avec l'amour éclairé du Genre humain, je "vénère" aussi l'énorme Vaclav Havel.

(Pour ce qui est de votre commentaire à l'endroit de Brigetoun, je vous rejoins sans abstinence ni procuration)

JEA a dit…

@ Chr. Borhen

Vaclav Havel :
- "L'élément tragique pour l'homme moderne, ce n'est pas qu'il ignore le sens de sa vie, mais que ça le dérange de moins en moins."

YR a dit…

Je viens de regarder l'enregistrement de Johnny Clegg avec Mandela et je trouve cela vraiment émouvant.
Pourquoi le monde ne pourrait-il pas être plus comme cela ? Et pourquoi être ému par des choses qui devraient être la norme ?

VISA a dit…

Après la lecture du blog très émouvante et son immense illustration toujours faite avec beaucoup de minutie par son Auteur (JEA). Merci encore.
Monsieur Nelson Mandela, longue vie à vous jusqu'à 150 ans et plus.

Tania a dit…

"la liberté (...) comme une pierre qui se taille et se lisse, avec une infinie patience" : j'admire cette fine comparaison qui ouvre un billet passionné et passionnant. Merci.

JEA a dit…

@ YR

Quand me (re)posant sur le chemin,je n'ai pas à me retourner mais te sais allant plus loin, je laisse le désespoir aux objets perdus.

JEA a dit…

@ VISA

Quand des rescapés comme vous souhaitent une longue vie, ils offrent plus que beaucoup d'autres, une telle intensité à leurs mots !

JEA a dit…

@ Tania

Franchement, un billet minimaliste. Inutile et superflu (à mes yeux) de s'aligner sur les médias. Ce n'est d'ailleurs pas le créneau des blogs. Alors, juste et rien qu'une page comme un galet, loin des "concerts de charité"
et de Cohen récupéré par qui nous savons (ce cher Cactus ne manquerait d'ajouter : de marseillaise).

claire a dit…

Nelson Mandela, quelle belle personne, quel beau parcours ! et de l'évoquer avec tendresse donne chaud au coeur.