DANS LA MARGE

et pas seulement par les (dis) grâces de la géographie et de l'histoire...

lundi 26 juillet 2010

P. 304. Lundi NOIR

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Paul Hermant (Mont. JEA / DR).

Quand Paul Hermant
apprend par la presse,
la suppression de sa chronique radio
sur Matin Première, RTBF !!!

Les pages nomades de ce blog ? C'est lui qui en prit ailleurs l'initiative mais en signa le plus grand nombre sur ce blog :

- P. 3 : Brèves de lecture.
- P. 5 : P. Hermant et A. Rollin.
- P. 9 : La mémoire sélective de Bart De Wever.
- P. 52 : "Imagine".
- P. 59 : Montesquieu, Paul Hermant et la Belgique.
- P. 78 : "Hommage à la Catalogne".
- P. 104 : Censure à la RATP.
- P. 183 : Les SS meurent aussi.
- P. 186 : Charters pour la guerre.
- P. 211 : Des immigrés défendant la France.
- P. 250 : Si le journalisme a un prénom aujourd'hui...
- P. 253 : "Nuit et brouillard".

Ces retours sur le passé remontent jusqu'au 14 mai 2007, quand je sortais de mon encrier ces quelques mots :

- "Il a la parole après le Journal Parlé de 7h... Se tend alors son fil de funambule entre l'émission Matin Première et les auditeurs. Parmi ceux-ci, les chagrins et les obtus espèrent, matin après matin, que Paul Hermant perde l'équilibre précaire de sa chronique et tombe dans les banalités, dans les facilités, ou encore dans les exercices de brosse à reluire... Mais en vain... Les autres suspendent le temps de l'aurore pour encore et toujours se laisser heureusement surprendre, étonner, éclairer par ce funambule qui salue avec autant de sagesse et en beauté le lever d'un jour nouveau."

Puis en ce lundi d'un calendrier décidément à maudire, tombent comme de la poix, comme de la poisse, comme un empoisonnement du temps ces deux nouvelles : Maxime Steinberg vaincu par un cancer, Paul Hermant expulsé de sa chronique radio.

Un groupe "Oui aux chroniques de Paul Hermant" vient de mettre sur papier une "Lettre ouverte aux membres du conseil d'administration de la RTBF". En voici le contenu :

- " La RTBF doit rester un service public indépendant et intelligent.

Quatre-vingt-quatre ans que ça dure. Quatre-vingt-quatre ans que nous, auditeurs, nous suivons les informations par le biais du Journal Parlé Radio, JPR, et que des voix nous sont restées familières, d’autres au gré du temps le sont devenues.

On se retrouve ainsi, des milliers à la même tranche d’heure pour écouter, apprendre, s’émouvoir, s’énerver, jamais indifférents et pourtant si différents. On ne peut s’empêcher de rendre hommage à ceux et celles qui font ce boulot au Service du Public. Sans filet. C’est du direct.

Quid du Service public et de la RTBF Radio ?
Quid de ce que nous préparent les Administrateurs ? Ceux qui pensent à nous, et peut être un peu trop POUR nous !

Dans le journal « Le Soir », du 10 juillet 2010, en page « Eco », Monsieur Goffin nous parle. Profitant peut-être de la saison estivale pour faire passer des coupes sombres, entre autres.

Sur Matin Première RTBF Radio, 6 heures et 20 minutes, en ce moment sous les Tropiques et 7 heures et 20 minutes dans le Plat Pays, en général, une voix dissonante nous parle. Une plume acerbe et des sujets traités avec un humour décalé sans jamais être en dehors du verbe et des mots justes.

C'est ce qui nous fait apprécier Paul Hermant et sa Chronique. Qu'elle soit Sédentaire ou Nomade, dans sa chronique, il pose la question centrale de la position de l'homme face au système et inversement. Qu'il soit d'ici ou d'ailleurs.

Alors que l'été est là et la chaleur aussi, alors que l'on parle de Paul "Le Poulpe" qu'il faut sauver de son aquarium pour ses prédictions pour la Mannschaft.

Ce fait, peut paraître anodin à côté des problèmes rencontrés ci et là et par delà les latitudes. Il est pourtant l’indicateur factuel qui nous permet de craindre le pire pour le service public.

La RTBF EST un Service Public et nous pouvons dire ce que nous aimons et n'aimons pas. Nous pouvons faire "Causes communes" pour ne pas sombrer dans la caricature dune critique politiquement correcte ou à la mode de ceux qui préfèrent faire parler d’eux que parler des autres.

Que veulent, ou qu’ont décidés pour nous, les Administrateurs en ce mois de juillet ?

D’autres que nous, ont dit ce qu’ils avaient à dire. Rappelez-vous, dans un livre préfacé par Marc Moulin, « Il faut sauver la RTBF », la question « de la place de l’auditeur ou du téléspectateur » face à ce géant de l’info, de la culture, des sports et de la musique est posée, elle est centrale.

Au travers de Paul Hermant et de sa chronique, visée, nous avons un indicateur objectivement vérifiable de ce que voudraient certaines personnes à la tête de Reyers.

Vider nos cervelles des gens de référence qui tirent vers le haut les auditeurs que nous sommes. Prendre soin de ne pas révéler, si ce n’est en boutades qui ne font rirent qu’un temps, les problèmes rencontrés par les gens, par nous.

Pourtant, la RTBF se donne pour missions entre autres :
- d’assurer la diversité des programmes offerts au public, et proposer notamment des émissions d’information, de développement culturel, d’éducation permanente, de divertissement et des émissions destinées à la jeunesse. Cette offre de programmes doit présenter des œuvres culturelles en provenance de la Communauté française;
- de rassembler les publics les plus larges possibles tout en répondant aux attentes des minorités socioculturelles, et refléter sans discrimination les courants d’idées présents dans la société ;
- de favoriser la réalisation de productions originales qui valorise le patrimoine de la Communauté française et les spécificités régionales …

Ici, par cette lettre ouverte aux Membres du Conseil d’Administration de la RTBF, nous voulons dire que nous voulons continuer à vivre ces moments forts, et de perpétuer des souvenirs dans nos têtes de nos enregistreurs humains ou magnétiques, mémoires d'émissions de toutes origines, de toutes cultures, de toutes sensibilités.

Que la Radio reste dans la lignée de personnalités aussi fortes et aussi présentes que des Luc Varenne, Armand Bachelier, Nicole Cauchie, Jean-Pierre Jaqmin, Gérard Valet, Soda, Marc Moulin, Jean- Pierre Hautier, Jacques Mercier, Chantal Istas, Jules Smet, Hugues Lepaige, Marc Isaïe …. et biens d’autres encore, la liste est longue, n’est ce pas Claude Cédric et Michel Delacroix ?

Tous font partie de notre histoire.

Après tout, on ne s’emporte que pour ce qui nous importe.

Et un Service Public indépendant des tendances politiques, des modes, nous importe."

Une pétition commence à circuler, notamment sur internet.
Pour y ajouter votre griffe personnelle, cliquer : ICI .

La camarde, les ciseaux géants de la censure : ce ne sont jamais que des débuts. Mais nous continuerons à respecter l'histoire face aux négateurs, à croire aux forces fragiles de la parole libre face aux officines de bourrages de crâne...

Paul Hermant, ce 26 juillet :
- "Je ne défais pas mon sac".

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16 commentaires:

anita a dit…

Bien contente de vous retrouver. Triste, certainement, de ces mauvaises nouvelles, mais en forme de vous.
Je vous embrasse.

Frasby a dit…

Ravie de vous retrouver ici et de vous lire. Votre voix manquait. On aurait aimé que les nouvelles soient moins tristes et moins noires. Avec votre article sur Paul Hermant, vous parlez non seulement d'un homme mais de ce que devrait être la radio. On pourrait dire un art. Quelque chose qui viendrait au sens, (+ aux sens). Nous ne cesserons de déplorer ce qu'elle est devenue partout, on pourrait dire un bruit de fond. Merci pour cet hommage et ce billet très fort.
"Je ne défais pas mon sac". Total respect ! c'est guerrier, et c'est admirable. Merci à vous

"Regrettable" a dit…

C’est une triste journée en effet avec de mauvaises nouvelles. Dommage ses chroniques étaient d’une excellente qualité et si bien rédigées, elles nous manqueront. Personne ne pourra le remplacer. Lorsqu’on a fini de plaire ou que l’on dérange on est jeté comme un kleenex. C’est lamentable.

MH a dit…

Lumière de vous relire mais bien sombres nouvelles.

D. Hasselmann a dit…

Messager de retour pour notre plaisir, même si la défaite d'un chroniqueur indépendant est le sujet.

Etrange similitude avec ce qui s'est passé récemment à France Inter : certaines voix dérangent l'ordre établi, l'ordre nanti, l'ordre du mérite, l'ordre de la parole aux ordres...

RTBF, Radio France : il faudra en revenir un jour à "Ici Londres" ?

Saravati a dit…

Ce petit rendez-vous matinal, cette voix plutôt monotone mais des mots qui sont loin de l'être étaient une façon agréable de commencer la journée en se disant "il y a encore des gens qui réfléchissent, qui ont une vie critique sur la société et qui savent habilement la faire partager, des journalistes intelligents qui n'ont pas peur de ruer dans les brancards"
Dans tous les dossiers chauds, dans l'affaire Julie et Mélissa, dans le scandale des banques, dans le processus irréversible de la mondialisation et de la paupérisation, la radio nationale a, la plupart du temps, défendu l'appareil.
Elle laissait pourtant la parole à des "dissidents" que nous aimons tels que Paul Hermant et le couperet tombe lorsque les auditeurs en vacances seront sans réaction, oublieront ...
Décidément toutes les stratégies de dissection sont toujours les mêmes.

Saravati a dit…

Dans le feu de l'action, j'ai oublié de vous saluer, j'espère que vous avez suivi une belle dérive !

Tania a dit…

Hors sujet, mais je craque : vous allez bien, JEA ? Nous espérons vous lire bientôt.

Isabelle Marchal a dit…

Pour info
La lettre au CA de la RTBF a été réactualisée :
(continuez plus que jamais de faire tourner la pétition ! http://7812.lapetition.be/ )

Lettre ouverte aux membres du Conseil D’administration de
la RTBF Radio

A l’heure où nous écrivons ces lignes, environ 1500 personnes ont signé
la pétition que nous, auditeurs des radios de la RTBF, avons rédigée quand,
au cœur de l’été, la suppression des chroniques de Paul Hermant sur
Matin Première a été suggérée dans les pages de ce journal
(voir le Soir du 10 juillet 2010).

Aucun démenti ni rectification n’étant venu amender les
propos prêtés au directeur des radios de la RTBF, Françis Goffin, il nous a
bien fallu, à nous auditeurs fidèles de cette chronique quotidienne de 7h17,
nous rendre à l’évidence que l’on avait profité de la période estivale pour
faire quelques coupes sombres supplémentaires dans le service public. Lorsque,
effectuant une sorte de courbe rentrante, la hiérarchie de la RTBF signala, par
voie de presse, que cette chronique serait désormais reconduite de façon
hebdomadaire, nous avons pris contact avec l’intéressé qui nous fit savoir que
cette proposition était non avenue depuis belle lurette sans que cela empêche
apparemment les services de la Maison Reyers de s’entêter à répandre cette non-nouvelle.
Nous avons compris alors que la gestion même
de la communication dans le service public s’apparentait à une guerre.

Nous avons peur. Nous avons peur que l’on détruise
aujourd’hui ce que d’autres ont pris 84 années de patient labeur à construire.
Bien au-delà du cas de Paul Hermant (et de celui de Pascal Claude, par
ailleurs, starifié une année et jeté aux orties l’année d’après), c’est bien le
projet même du service public qui nous interpelle, tant il nous semble obscur,
rendu aux faits de princes, mis au niveau de n’importe quelle sorte
d’entreprise privée délocalisant ou licenciant sans égard pour le travail
accompli, la qualité de ses produits et la compétence de son personnel. De
toutes les décisions prises ces quelques dernières années, nous déduisons un souci
de mimétisme avec les radios concurrentes et plus rentables en terme de parts
de marché. Nous disons, nous, que l’on n’est jamais tant public que lorsque
l’on est singulier. Cette singularité qui faisait la marque de cette belle
radio publique (devons-nous ici rappeler des noms, de Armand Bachelier à Marc
Moulin en passant par Soda ou Jules Metz ?) est en train de s’effacer dans des
moments où, comme jamais, nous n’avons eu autant besoin d’une pertinence
impertinente qui nous permette de jouer encore un tant soit peu notre rôle de
citoyens ? Aussi bien, les initiateurs de cette pétition annoncent-ils que,
quoi qu’il advienne du sort de leur chroniqueur favori, ils continueront à
appeler à la signer tant et plus. Elle deviendra le symbole d’une proposition à
inventer : « les Etats Généraux » des auditeurs du service public.

Pour les initiateurs de la pétition,

Dany Masson (Kinshasa)

saravati a dit…

Ho, JEA, dites-nous simplement que vous allez bien.
Vous avez créé un grand vide ici (s'il est possible de créer le vide !)
Amicalement

Cactus , ciné-chineur a dit…

un coucou rapide ! ça ferme partout ! Sirko a gagné :-(

MARIE a dit…

J'espère que vous allez bien , je ne fus pas présente ces derniers temps ... Vos chroniques manquent ... :)
Douce et belle journée ...

MARIE a dit…

Un bonjour d'un dimanche automnal :)

kris a dit…

Juste un petit coucou, parce que ça fait longtemps.... j'espère que vous allez bien. Amicalement.
kris

MARIE a dit…

Je vous souhaite un Soyeux Noël :)

MARIE a dit…

Douce et belle année pour vous et ceux qui vous entoure :)