DANS LA MARGE

et pas seulement par les (dis) grâces de la géographie et de l'histoire...

samedi 7 novembre 2009

P. 190. Les Barons, le film

.


Affiche du film.

Le temps du cinéma...
des Marocains de Bruxelles.
"Ils ne se demandent plus d'où ils viennent
mais où ils vont."

Synopsis :

- "Pour être un baron, dans la vie, il faut être le moins actif possible, parce que chaque être humain naît avec un crédit de pas et chaque pas épuise ton crédit. C’est ce qui nous différencie du reste du monde : c’est que nous, les barons, on le sait dès le départ.

Le baron le plus ambitieux, c’est moi, Hassan. Mon rêve c’est de faire rire. Mais “blagueur“, pour mon père, c’est pas un métier, c’est pas comme chauffeur de bus, un vrai métier, un métier avec des fiches de paie.
Mounir, il voudrait qu’on reste des barons, à vie. Ce qui colle pas avec mon but. Parce que pour réussir, il faut quitter le quartier, mais on ne quitte pas le quartier, on s’en évade. Et pour s’évader, il faut courir, et quand on court, on n’est plus un baron."

Nabil Ben Yadir :

- "Avec l'humour, tout passe, même les sujets les plus tabous."


Fabienne Bradfer :

- "Il y a un début à tout. Pour Nabil Ben Yadir, cela commence sans aucun doute déjà dans le ventre de sa mère, du côté de Molenbeek. Une maman, amoureuse du cinéma, fan de Hitchcock, adorant films égyptiens et productions de Bollywood. Qui transmit sa passion à son fils tout en lui disant : « Pourquoi quand il y a des films sur nous, c'est toujours des méchants, pourquoi c'est toujours triste, pourquoi toujours la pluie, toujours la police ? On veut plus pleurer, maintenant on veut rire ! » Le genre de réflexion qui, fatalement, marque un gamin et fait germer des ambitions.

Aujourd'hui, Nabil Ben Yadir sort son premier long, une comédie tournée à Molenbeek, avec des gars du coin, une star de Paris (Edouard Baer), une star de Flandre (Jan Decleir), une star algérienne (Fellag).
Sur la route pour arriver à ça : un premier choc (L'homme qui en savait trop), Louis de Funès, les films de Chaplin, Scorsese, Kubrick, le besoin irrépressible d'écrire, la rencontre avec Diana Elbaum, productrice de Entre chien et loup, et avec Laurent Brandenbourger, son coscénariste."
(Le Soir, 4 novembre 2009).


Un trio en direct des baronnies bruxelloises.

Aurore Engelen :

- "Evènement cette semaine dans les salles belges : la smala des Barons débarque en force, bien décidée à en découdre avec le public. Suite au succès d’Eldorado l’été dernier, la Belgique francophone espère un nouveau phénomène, et le film de Nabil Ben Yadir fait office de sérieux concurrent.

Les Barons, c’est une plongée sous gaz hilarant dans les profondeurs d’une Bruxelles sur son trente-et-un, une Bruxelles trop peu vue sur grand écran, qui se révèle un terrain de jeu idéal, quelque part entre Brooklyn et le Montmartre d’Amélie. Drôle de croisement pour un drôle de film, dont les protagonistes prônent le sur-place pour mieux avancer.
Une comédie tout public de façon presque militante, qui voudrait réunir tout le monde, et qui s’amuse et (nous amuse) à faire fi des tabous culturels. L’influence, c’est Rabbi Jacob, l’humour comme dynamite des clivages communautaires. Ben Yadir revendique la "plus-Value Informative" de son œuvre. C’est un peu son histoire fantasmée qu’il raconte, un film avec des morceaux de vraie vie dedans. Il s’interroge sur une génération de jeunes belges issus de l’immigration qui ne se demandent plus d’où ils viennent mais bien où ils vont."
(Cineuropa, 4 novembre 2009).

Sebastien Ministru :

- "Personne ne se plaint de sa situation dans Les Barons. Personne et certainement pas le trio de glandeurs décomplexés qui, à côté du chômage, se fait du bonus grâce à des combines de malandrins : trafic à l'examen du permis, trafic de constats pour non-respect de priorité de droite. Personne ne se plaint vraiment sauf peut-être Kader, le père de Hassan, vaguement chagriné de ne pas voir son fils se présenter à l'entretien d'embauche à la STIB, autant dire - pour le post-jeune (28 ans quand même) - le bagne professionnel des Maghrébins de Bruxelles.
Construit sur le mode de la comédie, le film a été tourné dans une forêt de paraboles - Anderlecht, Saint-Gilles, Molenbeek, Schaerbeek - mais ne fait pas que rire ou se foutre de la gueule du monde. Il montre également combien l'espace vital de ces garçons de la rue est étriqué, empêtrés qu'ils sont dans les contradictions qui sont celles de tout jeune musulman coincé entre le respect de la tradition ("Mon fils, il ne sait même pas tuer un mouton") et la tentation de la modernité. Quasi programmée dès l'enfance, une vie d'entre-deux que l'on subit par habitude et qui devient, à la longue, une vie de cul-de-sac."
(TéléMoustique, 4 novembre 2009).


"C'est au temps où Bruxelles"... avec ses carrosses contemporains.

Cédric Flament :

- "Là où on attendait une bilieuse chronique sociale des quartiers chauds bruxellois, le réalisateur, qui raconte à la première personne et puise dans sa propre biographie, a préféré peindre une fresque colorée et vivante. Et là où d'aucuns prédisaient une première oeuvre inaboutie, Nabil Ben Yadir a dévoilé un travail jusqu'au-boutiste, fort de dialogues pleins de reliefs (certaines répliques du film sont appelées à devenir culte), et de trouvailles visuelles et narratives qui feraient pâlir de jalousie le Laurent Tirard du Petit Nicolas.
Charpenté aussi autour d'une copieuse galerie de personnages secondaires (RG - pour Renseignements Généraux - , un oeil de Moscou en plein Molenbeek, Sami le jeune parvenu au costume cintré et aux lunettes noires, ou cet imam hilarant en organisateur de mariage...).
Le chemin vers le rêve. Oui, trois fois oui. Les Barons est un grand film, joyeux, aigre-doux parfois, pétillant toujours, tout en n'évitant pas les grandes questions contemporaines des replis identitaires. Comme un pont jeté entre les cultures. Les barons riment avec joyeux lurons, mais aussi avec « petits c... »
(actu24.be, 2 novembre 2009).


Anne Feuillère et Sarah Pialeprat :

- "Les Barons fait fuser les vannes avec une gouaille généreuse, des mises en boîte efficaces et une verve parfois acide qui décrassent les sujets les plus épineux (le racisme, la virginité ou la religion) et les clichés tant attendus. Et sous ses airs bonhommes de comédie populaire, Les Barons est plus surprenant et riche qu’il n’en a l’air. Il regorge de petits plaisirs cinématographiques, de trouvailles, d’inventivités discrètes ou rocambolesques (la cartoonesque idée du « flashback », le sms en mime, les ralentis oniriques ou autres interventions de l’imaginaire) et de morceaux de bravoures (comme la bagarre entre Hassan et Mounir façon John Woo).

Généreux, il nous fait partager ce plaisir d'un cinéma ludique, jamais affecté, toujours redécouvert avec des yeux d'enfants émerveillés. Et l’on sent entre les comédiens, l’équipe et le réalisateur, beaucoup de complicité, d’énergie et de joie à faire du cinéma, une belle aventure collective. Il est généreux aussi parce qu'il croque, en quelques coups de caméras, toute une galerie de personnages hauts en couleur (RG, Lucien, la mère d'Hassan…) sans jamais les caricaturer ni les trahir. Il les saisit dans leurs contradictions, leurs faiblesses, leurs peurs (la rage de Mounir, magnifique de dignité et de révolte ; les désirs étouffants de réussite sociale de ce père prisonnier lui-même d'une respectabilité toujours à conquérir).

Il raconte ce petit cinéma qu'on se joue à soi-même et aux autres, pour échapper à ce qu'on est et se raconter autrement : car c'est ça, aussi, un baron, une fable qui retourne la condition en choix parce qu'elle la réinvente et l'habite. Le désir de monter sur scène d'Hassan (Nader Boussendal épatant) est du même ordre, c'est un désir de réenchanter le réel. Et loin de faire l’apologie d’on ne sait quelle intégration foireuse, ce que le film transmet est profond : on se choisit malheureusement toujours contre les siens. Et parfois, on ne se choisit pas… C’est ce risque que prend Hassan, c’est ce long chemin vers lui-même que raconte le film, enjoué et impertinent, tendre et doucement grave.
Dans Bruxelles, drôlement réenchantée elle aussi, belle et colorée comme un petit New York se télescopent des galaxies qui ne s’ignorent plus, mais cheminent cahin-caha, presque en douceur. Et tout devient possible finalement. Si tant est qu’on ait le courage de ses rêves envers et contre tous." (Cinergie.be, 1 novembre 2009).

L'équipe des Barons au Festival International du Film Francophone de Namur (DR).

Hugues Dayez :

- "Les Barons", c'est le surnom que se sont donnés des jeunes marocains de Bruxelles : ils sont chômeurs, et passent le plus clair de leur temps à se la couler douce, vautrés sur l'étalage du dernier épicier belge du quartier, le vieux Lucien (joué par Jan "Daens" Decleir). Mais dans la bande, il y a Hassan (Nader Boussandel, une vraie découverte) qui rêve d'autre chose : il veut monter sur les planches du cabaret local pour faire du one-man-show comique... Un rêve qu'il n'ose pas avouer à son vieux papa, qui veut pour son fils un métier respectable. Alors Hassan s'engage à contre-cœur comme chauffeur de bus à la STIB et surtout, il accepte des fiançailles arrangées avec une gentille voisine, alors qu' il est amoureux d'une amie d'enfance : Malika, devenue journaliste-star à la télé...


Pour son premier film, Nabil Ben Yadir, natif de Molenbeek, a mis beaucoup de lui-même. Et il a bien fait : "Les Barons" suinte le vécu, et nous montre les tiraillements de certains maghrébins de Bruxelles, écartelés entre le respect des traditions musulmanes imposé par leurs parents et les tentations de la société occidentale dans laquelle ils ont grandi. Mais tout cela est dit sans "prêchi-prêcha" dans "Les Barons" : le film est surtout très drôle et très attachant, grâce à une très jolie galerie de personnages. Et, last but not least, le film apparaît aussi comme une magnifique déclaration d'amour à Bruxelles : on a rarement filmé avec autant de sensibilité les contrastes de la capitale de l'Europe.

Bref, "Les Barons", c'est une magnifique et souriante surprise dans un cinéma belge souvent un peu trop morose et cérébral."
(RTBF infos, 4 novembre 2009).


Bande annonce.

29 commentaires:

brigetoun a dit…

un rudement bonne presse

JEA a dit…

@ brigetoun

et notamment du côté de Cinergie et de Hugues Dayez, aucune complaisance à attendre
leurs paroles sont fiables...

claire a dit…

Ah, que j'aime que vous parliez de la création belge ... d'un marocain à Bruxelles ! de la guaille, du rire, de la tendresse, de l'absurde, de l'enchantement (loin de nos formidables mais sinistres Dardenne) du plus que cuit du plus que cru, des plumes et des mythes de notre tribu belgicaine !! sans faute j'irai, merci pour l'info.

Chr. Borhen a dit…

JEA, je me permets d'écrire ici ce que je viens d'écrire chez Frère Cactus : vous (dé)montrez aussi, en vos "Mo(t)saïques", que le grand écran peut ne pas faire écran.
Le plus drôle, dans cette affaire, c'est qu'il m'aura fallu un petit écran pour vous le dire.

JEA a dit…

@ claire

vous êtes (presque) trop gentille... en fait je ne parle de rien dans ce billet
il ne reprend que les "critiques" de celles et de ceux qui ont déjà pu apprécier ce film
alors que le seul cinéma (en scope il est vrai) de mon coin ardennais propose en continu un interlude sur les mille et une nuances grises d'un ciel actuellement avachi
mais plus sérieusement, bienvenue parmi les belgicains surréalistes à ces marocains arrières-petit-fils de Méliès, petit-fils de Charlot, et fils très naturels de Tati...

JEA a dit…

@ Chr. Borhen

Vous savez, j'ai animé un ciné-club scolaire mais ouvert aux habitants de la localité. Le tout une dizaine d'années.
Le plus triste souvenir ? Le programme était fixé suite à un vote des élèves en début d'année scolaire. Ne voilà-t-il pas qu'en plein hiver débarque sur la place un cirque familial. Spectacle unique. Juste le soir d'une projection ! Impossible de modifier les dates. Les gens du cirque sont venus au ciné-club, faute de spectateurs. Accueillis le moins mal possible. Aujourd'hui encore, je regrette de ne pas avoir réagi en tentant de proposer un spectacle commun, complémentaire...

Elisabeth?b a dit…

Mais les nuages, JEA, les merveilleux nuages de vos Ardennes.
Soit vous ne parlez de rien, mais comment expliquez-vous que j'ai entendu ?

À vous lire j'ai vérifié que la France et la Belgique étaient bien pays proches. Je suis peu fiable en géographie. Un atlas me confirme que oui. Pourtant nul écho de cette comédie ici.
Naturellement je confirme mon inscription à votre ciné-club virtuel.

JEA a dit…

@ Elisabeth.b

c'est que les nuages (sauvages, volages, en voyages, tournant les pages des horizons)
ces nuages font relâche
et les rideaux actuellement tirés sur le ciel, sauf leur respect, semblent sortis d'un film très misérabiliste...
à propos des "Barons",
il ne semble pas qu'un distributeur se soit déjà lancé à l'eau pour la France

claire a dit…

Oui, bien sûr Charlot, Tati (quel scandale cette histoire
d'affiche!)... la Belgique n'a certainement pas l'apanage du comique et du surréalisme.
Aussi se rappeler qu'en création, elle ne fait pas que dans le surréalisme. Le regard extérieur a trop souvent tendance à l'y associer de manière systématique et exclusive.

JEA a dit…

@ claire

à propos du billet avec lequel Cactus a levé si gentiment le rideau de son ciné-club, mieux vaut se souvenir qu'il a été publié le 17 avril dernier... il aurait besoin d'être un peu dépoussiéré mais ce serait, d'autre part, tricher avec sa spontanéité...

D. Hasselmann a dit…

Je suis vraiment d'accord avec Fabienne Bradfer, rien qu'à cause de son nom.

Il est bien que le cinéma belge se développe et vienne faire la nique à un film putassier comme "Bienvenue chez les Cht'is", dont le metteur en scène roule maintenant sur l'or, après avoir obtenu la Légion d'honneur des mains du président de la République.

Tolérance a dit…

Je n'ai pas vu de publicité pour ce film qui doit être très bon, cela nous change des imbécilités du genre "les chtis" film moqueur à outrance qui a fait courir des idiots.
Pour une fois que la communauté magrébine est montrée comme des personnes correctes et non comme des voyous, ce qui attise le "racisme" et c'est tant
mieux.

Sophie K. a dit…

D'accord en tous points avec Dom Hasselmann.
Merci, JEA.

JEA a dit…

@ D. Hasselman

en Belgique francophone, nous n'avons pas de fifi brin d'acier mais cette Fabienne qui n'a pas sa plume dans sa poche
pour les Cht'is, je me réjouis seulement que mes voisins vendent mieux le lait (bio svp) de leurs vaches pour les fromageries à Maroilles du coin...

JEA a dit…

@ Tolérance

L'un des plus beaux mots de la langue française...

JEA a dit…

@ Sophie K.

ce serait trop vulgaire, donc aucun lien de cause à effet avec votre commentaire
mais malgré mes excuses de nullité en informatique, impossible de parvenir à mettre un lien avec votre "strictement confidentiel"
dans la colonne de droite, sinon avec l'accueil mais pas au fur et à mesure de la publication des billets...

claire a dit…

'Les barons' est affiché partout en Belgique(même à Gand!) et dans les grosses machines l'UGC, Kinépolis etc.. c'est tant mieux pour notre tribu multicolore et multilangue !!et je me réjouis que le film n'a pas le ton du drame social, voilà une manière sympathique d'exorcicer la violence qui fait la réputation de la population belge magrébine. Mais au risque de vous paraître 'peu correcte' vous qui êtes connaisseur en film et en politique, pourquio certains auteurs belges de talent comme Pierre-Paul Renders (son superbe 'Thomas est amoureux' connut un franc succès et décrocha des tas de prix) et d'autres jeunes cinéastes rament tellement pour avoir l'affiche ? c'est ce que j'entends autour de moi comme remarque et cette réaction me pose question.

Elisabeth.b a dit…

Je n'ai eu aucune envie de voir le film appelé 'Les Cht'is'. Mais de là mépriser son public...
Le peuple a des goûts grossiers, c'est cela ? Et aucun discernement. Même pas digne de ses héroïques défenseurs ! Éblouie je demande que ceux-ci soient canonisés sur le champ. Non, il ne s'agit pas d'une coutume militaire. Mais d'une récompense quasi-céleste aux effets étonnants :

Ils sont à table
Ils ne mangent pas
Ils ne sont pas dans leur assiette
Et leur assiette se tient toute droite
Verticalement derrière leur tête


Prévert, Paroles.

____________

(Ma remarque ne concerne nullement les appréciations de ceux qui n'ont pas aimé un film dont, je l'avoue, je me passe fort bien).

JEA a dit…

@ claire

vous "incorrecte" ? personnellement, je ne tourne le dos qu'aux insultes, aux calomnies, aux racismes...
par contre, tout avis différent, divergeant, personnel n'empêche-t-il pas que nous ne périssions d'ennui dans l'autosatisfaction et un vide intérieur mais "correct" ???

ah le cinéma en Belgique... en fait un puzzle ixetricable
car si le Royaume est timbre poste, il porte des dents francophones, néerlandophones, germanophones et maintenant de Barons...
"percer" alors que les moyens sont si limités, garder au cinéma sa dimension de 7e art tout en ne le marginalisant pas trop hors des circuits commerciaux, il y en a des quadratures de cercles à briser !
en Belgique, il me semble que le cinéma se situe entièrement dans ces mots (citation approximative) de Jean Eustache :
- "on ne peut faire du cinéma que si on ne peut vivre autrement, question de vie ou de mort" (et il s'est suicidé).

claire a dit…

@ Elisabeth, moi j'ai adoré 'Amélie Poulain', j'ai ri avec 'les ch'tis' et je mange trop...

Elisabeth.b a dit…

Gourmande Claire ? Que de qualités ! Pourquoi la rue du Nadir aux pommes n'existe-t-elle qu'au cinéma ? Recette hautement fantaisiste, mais si savoureuse.

Pour les anorexiques ou, moins dramatique, ceux qui n'ont pas vu le film : Jacques Rivette, Céline et Julie vont en bateau (1974).

Elisabeth.b a dit…

Le cinéma ne compte pas que des chef-d'œuvre. Aucun art. Mais tant de formes sont nécessaires. Parfois c'est la salle qui donne le plus de bonheur. Lire à ce propos la merveilleuse scène décrite par Driss Chraïbi dans La civilisation ma mère !

Proposé par un amateur qui ne prétend à rien d'autre, un montage. Il permet d'écouter Le cinématographe de Boris Vian : ici.

Quand j'avais six ans
La première fois
Qu'papa m'emm'na au cinéma
Moi je trouvais ça
Plus palpitant
Que n'importe quoi...
♪♪♪

JEA a dit…

@ Elisabeth.b

Les salles de cinéma pour un plaisir où le collectif n'étouffaient pas l'individuel et vice-versa...
Puis les écrans réducteurs de tv. Le partage devenait cellulaire (famille...).
Aujourd'hui, les boîtes d'allumettes à usage ultra-personnel. Solitudes camouflées...

Elisabeth.b a dit…

Et solitudes partagées cher JEA. Le bonheur d'échanger, d'envoyer un reportage à un ami, un livre, une musique.

Oui au plaisir des salles de cinémas. Qui est parfois exaspération. Ah la malheureuse qui a osé froisser le papier d'un bonbon pendant que JE regardais Visconti...

Moins amusants, les rires dont la signification vous glace. Mais le plus souvent, des salles chaleureuses, émouvantes. Un souvenir, à la fin d'un spectacle et non d'un film, mais l'esprit est le même. Des applaudissements incroyables. Le public était heureux. Il disait sa joie, plus qu'il ne saluait un grand moment. Un homme a lancé en riant : « Profitez-en, on est bon public ici ! ». Les rires se sont mêlés à l'ovation.

Tania a dit…

La réalité "multiculturelle" bruxelloise montrée non comme un problème mais comme une comédie, c'est déjà un bon départ - et ça nous change ! (Pour apprécier le film, j'attendrai de l'avoir vu, et ce sera gai de découvrir Bruxelles sous cet angle particulier.) Les acteurs en tout cas ont l'air d'y avoir pris beaucoup de plaisir.
Merci pour cette revue de presse alléchante.

JEA a dit…

@ Tania

nullement oubliée la promesse d'une page sur ce blog à la mémoire de votre parent résistant et n'ayant pas connu la libération

Cactus homme lézard a dit…

j'attends avec impatience sa sortie ici , de ce coté de l'ho !
sinon merci encore !

JEA a dit…

@ Cactus homme lézard

à mon humble avis, ce n'est pas demain le lendemain de la veille qu'un distributeur va ventiler ce film en France
reste la valise diplomatique, ça marche, j'ai autrefois réussi ce tour de passe-passe avec des films finlandais
ou plus sérieusement, un circuit ciné-club

JEA a dit…

@ Elisabeth.b

Mes excuses pour le retard, en cause : mes maladresses pour glisser cette réponse.

Un souvenir, au cinéma l'Eden (déjà, toute une félicité dans cette enseigne) : la salle qui effectivement applaudit "West Side Story" lors de la première semaine de projections...
Par contre, ailleurs, le retour des lumières pour "noyer" l'un ou l'autre pas-sage où les héros du film s'embrassaient (enfin, le spectateur en était réduit à la supposer).