DANS LA MARGE

et pas seulement par les (dis) grâces de la géographie et de l'histoire...

vendredi 11 juin 2010

P. 295. Rencontre avec 3 femmes écrivains

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A comme lits et rAtures (Ph. JEA / DR).

Laurence Thirion
Colette Nys-Mazure
et Christine Van Acker
au Cercle de la Rotonde
ce samedi 12 juin à 17h

Au 28 de la rue de Rome à Ixelles (près du Parvis St Gilles), se tiennent des rencontres avec des plumes à découvrir derrière les couvertures et les pages de leurs livres. Les tours d'ivoire s'entrouvrent. Des mots et des idées et des rêves sont échangés sans intermédiaires...
Débouchant sur des entretiens, des lectures, des débat avec le public mais aussi des signatures, cette initiative est portée par le Cercle de la Rotonde, en partenariat avec La Maison Du Livre.
Samedi prochain, trois femmes écrivains y feront écouter leurs littératures originales.
La première est presque connue des lecteurs (masc. gram.) de ce blog. En effet, de Laurence Thirion, vous trouverez des traces sur les pages 247, 219 et 100... Dont cet extrait d'une brève présentation :

Laurence Thirion

- "Laurence lisait comme d'autres respirent. Tête dans les nuages des pages. Se glissant sur l'eau complice, Παντα ρει και ουδεν μενει. La péniche se métamorphosait en bateau livre.
Jusqu'à cette fête de la musique, dans un Charleville méconnaissable et complice du fleuve. Elle disparut vraiment. Partie à la recherche d'un Rimbaud peut-être de retour, incognito, redevenu inspiré, encore plus désespéré.
En résumé, en notre Athénée héritier de trois siècles, sa classe s'agitait quand il s'agissait de sortir des cours un peu trop courts. Son appétit juvénile demandait aussi que soit mis au menu le Boris Vian du Goûter des généraux..."

Laurence Thirion, Absences, Memory Press, 2008 (Mont. JEA / DR).

4e de couverture :

- "Sept maisons en tout et pour tout dont deux en ruines et pas un chat dehors.
Michel, un enseignant bruxellois découragé, a trouvé dans un hameau du Larzac un désert pour faire le deuil de Paul, son fils de vingt-huit ans. Par delà la mort, l'espace, les générations, des liens se tissent et perpétuent la vie."

Extrait :

- "On ne retient pas les morts, quoi que l’on fasse. Si la tristesse reste intacte néanmoins, l’instinct de survie la range dans un coin de notre cerveau et la ressort parfois à l’improviste comme un livre familier que l’on feuillette de temps à autre et qui trouve sa place dans la bibliothèque de notre vie. La poussière le recouvre, on le nettoie de temps en temps, le texte n’a pas changé et l’émotion qui l’accompagne ne s’est pas émoussée malgré les années écoulées. Néanmoins, le sage choisit la vie et sait que cette lecture est contraire au bonheur. Il s’impose donc de ne lire ce récit que très rarement quand il se sent la force de supporter ses larmes et cette absurdité.
(…)
Paul est mort, la rivière coule toujours, limpide et belle, le soleil s’émerveille de cette beauté et les lézards se pâment sous son éclat.
Si Michel ne profite pas de ces instants, ce tableau idyllique ne sera pour personne. La vie doit triompher, rien ne sert de la traîner jusqu’à son agonie, dans la morosité et les regrets.
Il ne trahit pas Paul s’il choisit de vivre, il le continue !"

Présentation par le Cerle :

- "Jeune romaniste belge, douée de sa plume et du pinceau, son premier récit Absences est paru chez Memory Press en 2008, bien qu’il ait été commencé en 1999, à 21 ans… A la fois modeste et ambitieux, ce roman explore la vie d’un homme mûr, Michel, en retraite dans l’aridité du Larzac, où il se remémore ses épreuves, dont la plus brûlante fut la mort de son fils adoptif. La venue de visiteurs et la correspondance avec une jeune femme blessée, vont peu à peu tirer Michel de sa léthargie. Les temps du passé alternent en permanence avec le présent ; les souvenirs sont tissés de désirs latents."


Colette Nys-Mazure, Perdre pied, DDB, 2008 (Mont. JEA / DR).

Colette Nys-Mazure, 4e de couverture :

- "Tous les chemins mènent à la mer.
Sur cette plage du Nord, un peintre a posé son chevalet. Il peint le ciel changeant, les silhouettes en vacances. Mais voici qu'un cheval fou fend l'espace et révèle à chacun sa part de rêve et de souffrance. Résidents ou locataires, qu'on ait cinq ou soixante-quinze ans, il arrive qu'on perde pied : on se pose les questions vitales et on cherche un écho près des autres. Le jeune homme en fauteuil roulant écoute l'adolescente en mal de père ; une famille nombreuse joue non loin d'une femme esseulée ; un couple savoure la joie de vieillir ensemble.
Les solitudes sont avides d'attention, de tendresse et d'apaisement. Mais comment reprendre pied lorsque la vague trop forte a bousculé le fragile équilibre ? Dans ce roman, l'auteur de Célébration du quotidien poursuit son exploration des visages et des paysages, des choses de la vie, en quête de l'essentiel sous les apparences."

Extrait :

- " Julian a senti venir l'orage. Au moment de fermer la porte-fenêtre, il a vu se lever les paumes, les visages ravis aux yeux clos de Tom et de Mathieu recevant les premières gouttes très larges, annonciatrices du déferlement. Les enfants immobilisés sur la digue et la voix vigilante :
- Rentrez vite, vous allez être trempés !
Julian courant nu dans le jardin sous l'averse d'été, rattrapé par sa mère. Mon petit fou. Enveloppé d'une serviette aussi bleue que la fleur de lavande dont elle glissait des sachets dans l'armoire emporté au sec, au sûr, mais encore ébranlé par l'éclair, le tonnerre, la trombe. Elle aussi, les cheveux ruisselants l'odeur de la pluie.
Ce soir, ciel et plage lessivés à grande eau, personne pour goûter la fraîcheur revenue où sont passées les mouettes ? Dans l'obscurité montante, le sable devient noir. Rien que les chalutiers et la lumière tournante d'un phare pour affronter la nuit. Tout manque tu as vécu dans des chambres transies, tu as cru y mourir et soudain te voici au vide central traversé d'appels. Sous la porte, quelqu'un a glissé une feuille de papier : le dessin d'un cerf-volant très coloré survolant les jambages malhabiles d'une déclaration : Julian, je t'aime, qui n'a pas besoin de signature. À l'horizon, septembre, sa solitude, sa rigueur. Aurai-je assez de force ?"

Présentation par le Cercle :

- "L’écrivaine tournaisienne, dont la renommée s’est étendue bien au-delà des frontières belges et françaises, avec des essais comme Célébration du quotidien ou Secrète présence, signe un premier roman, Perdre pied (Desclée de Brouwer, 2008) écrit en résidence à Rome, ainsi qu’un livre « d’images et de mots », À nous deux ! (Bayard, 2008), destiné à créer des liens entre « les enfants d’aujourd’hui et les enfants d’hier ». La trame narrative des récits de l’écrivaine est subtile, suggestive comme sa poésie, allant à l’essentiel par petites touches légères. On n’en sort jamais tout à fait indemne; l’émotion affleure au détour d’une phrase, d’un mot : si juste."


Christine Van Acker, Bateau-ciseaux, Ed. Esperluète, 2007 (Mont. JEA / DR).

Christine Van Acker, 4e de couverture :

- "Au gré des moments quotidiens ou des événements exceptionnels se tisse une réalité particulière, celle d’une enfance sur une péniche. C’est un milieu simple où le travail occupe toute la place et que les livres viennent bousculer.
Ce récit raconte l’enfant dans sa construction vers l’âge adulte : sur la péniche, au pensionnat, avec ceux «d’à-terre»,... et surtout à travers la découverte de la lecture. Ce cheminement, de l’apprentissage à l’exploration personnelle, nous touche par sa fragilité, ses tâtonnements mais aussi par sa détermination à étancher une soif de découvertes initiée par la lecture."

Extrait :

- "Le passé avance.
Issue de cette matière agitée, hissée par le vivant, je suis née.
Des oubliés m’ont portée à terme.
Ma nature profonde en porte les semis, dormants ou prolifiques.
La mémoire trace ses sillons, égratigne au passage, s’étrangle ou se répand.

Les livres appartiennent à ces invisibles qui m’ont faite.
Ils sont la connivence quand je n’en avais avec personne.
Ils sont le voyage quand je ne pouvais pas encore tenter l’évasion.
Ils sont ces parts de moi-même que j’aurais pu ne pas voir.
Ils m’ont amenée ici."

Présentation par le Cercle :

- "L’auteure du merveilleux récit auto-biographique Bateau-ciseaux (Esperluète, 2007, avec des encres de Vero Vandegh), relatant avec un humour doux-amer son enfance sur une péniche, est aussi animatrice d’ateliers d’écriture et créatrice de l’asbl Les Grands Lunaires, publiant des livres, visuels et sonores, ainsi que des documentaires radio - comme « La dernière pierre » (publié aux Carnets du Dessert de Lune, 2009) - salués par de nombreux prix.

Entrée libre pour cette rencontre.

Site : www.lecercledelarotonde.be ou via La Maison du Livre, 28 rue de Rome, 1060 Bruxelles.

Tél : 02/543.12.24 Site : www.lamaisondulivre.be (Pré-métro : Parvis St Gilles).

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8 commentaires:

brigetoun a dit…

jolies écritures - jolie lettrine

Saravati a dit…

Je suis déjà allée au Cercle de la Rotonde, mené de main de maître par Marie-Clotide Roose, poète elle aussi (est-ce toujours elle qui l'anime : elle vient d'avoir un bébé). Deux auteurs étaient présentés ce jour-là, avec beaucoup d'intelligence et des ponts créés entre leurs livres.
Une belle initiative !

JEA a dit…

@ brigetoun

Vous y seriez une invitée particulièrement attendue.

JEA a dit…

@ Saravati

Si j'ai bien compris, elle est fondatrice, présidente, mais encore attachée de presse, animatrice et finalement la "dea ex machina" de ces rencontres...
Elle sera donc là !

MH a dit…

J'ai lu "Absences" de Laurence Thirion. Voilà une âme sensible qui nous raconte l'histoire d'un deuil difficile mais possible grâce à la rencontre heureuse de personnes bien 'présentes' et grâce au contact vitalisant d'une splendide nature.
Le livre est écrit avec spontanéité et beaucoup de sincéritè. Le récit est 'traversé' par des lettres, qui parfois sont la voix directe de l'auteur. On passe du fictif au réel, du passé au présent, sans s'y perdre, ce qui en soi est tout un art.
Mais ce qui m'a le plus plu, ce sont les réflexions sur la vie et la mort... elles sont parsemées le long des pages comme des petits trésors de sagesse et de fraîcheur ! L'expression en est toute simple et c'est ce qui rend le livre très attachant.
Merci JEA pour ce bon conseil.

Amaryllis a dit…

Un livre de Colette Nys-Mazure m'accompagne souvent : "La chair du poème": petite initiation à la vie poétique (j'ai failli mettre politique !)

JEA a dit…

@ MH

Votre commentaire a été confié à une tourterelle d'ici pour franchir sans coup férir la frontière et aller se poser dans le Namurois, là où Laurence écrit, peint, photographie, met au four ses terres...

JEA a dit…

@ Amaryllis

Il y a de vieux capitaines qui éprouvent une insondable nostalgie de vous lire