DANS LA MARGE

et pas seulement par les (dis) grâces de la géographie et de l'histoire...
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dimanche 28 mars 2010

P. 259. Festival de l'Abbaye de St-Michel en Thiérache

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Musique ancienne et baroque
cinq dimanches du 6 juin au 4 juillet 2010

XXIVe Festival de
l'Abbaye de Saint-Michel en Thiérache

Pas d'espaces réservés à des VIP ou à des sponsors.
Toutes les places numérotées à tarif plein unique. Mais un tarif réduit réservé au moins de 18 ans, aux étudiants et aux plus de 60 ans. Des modalités d'accès gratuit proposées pour les moins de 12 ans...
Aucun concours de snobisme ni d'élégance artificelle.
Un site épargné qui vient compléter harmonieusement un circuit des églises étonnantes de la Thiérarche.
Ce Festival réjouit année après année son public par la qualité recherchée et originale de son programme. Il se caractérise encore par deux fidélités complémentaires : non seulement une fidélité populaire mais, aussi celle d'artistes tels Fabio Bonizzoni et la Risonanza, le Café Zimmermann, Philippe Jaroussky, Jordi Savall...
Si ce "festival constitue l'événement baroque du nord de la France", ce n'est que justice. Du moins représente-t-il vraiment un mois musical vécu ici intensément...

Dimanche 6 juin
Les Concerts du Collegium musicum
Une journée à Leipzig

- 11h30
Café Zimmermann

Nicola Antonio Porpora : Cantate pour soprano "Il Ritiro : Lasciovi al fin grandezze".
Benedetto Marcello : Concerto pour hautbois.
Pietro Antonio Locatelli : Introduttione teatrali Op. 4 n°V.
Johann Sebastian Bach : Cantate du mariage BWV 202 "Weichet nur betrübe Schatten".

- 16h30
Le Cercle de l'Harmonie

Georg Philipp Telemann : Tafelmusik, Suites d'orchestre TWV 55.

Abbaye de St-Michel en Thiérache (Ph. JEA / DR).

Dimanche 13 juin
Un Jardin anglais des plaisirs
Variations, catches et scènes lyriques

- 11h30
Luis Beduschi

Jacob Van Eyck & John Dowland : Le jardin des plaisirs de la flûte.

- 14h30
Tre Bassi

Purcell et ses contemporains : Catches et pièces variées.

- 16h30
Philippe Jaroussky et l'Ensemble Artaserse

Purcell :
O Solitude - Music for a while
An evening Hymn - Fairest Isle
Il music be the food of love...

Dimanche 20 juin
Lumières napolitaines
De la virtuosité instrumentale à la vocalité

- 11h30
Gli Incogniti

Nicola Matteis : Ayres for the violon.

- 16h30
La Risonanza

Alessandro Scarlatti :
Serenata a Filli
Il Sole, Urania e Clio.

Plan figurant sur le programme du Festival.

Dimanche 27 juin
Essor et apogée de la musique française
De Henri IV à Louis XV

- 11h30
Les Folies Françoises

André Campra - Jean-Baptiste Morin
Nicolas Bernier - Jean-François Dandrieu
Petits motets pour voix d'hommes et pièces pour orgue

- 14h30
Liuwe Tamminga à l'orgue historique Jean Boizard (1714)

De la Renaissance à l'orée du clacissisme
Brumel - Josquin des Prés - Sermisy - Gombert
Racquet - Du Caurroy - L. Couperin...

- 16h30
Jordi Savall et le Concert des Nations

Concert pour Louis XIII
Philidor l'Aisné - Louis Couperin
Nicolas Metru - Francesco Corbetta...

Dimanche 4 juillet
Le génie dramatique iatlien
Entre quintessence poétique et dialecte populaire

- 11h30
L'Yriade

Giovanni Bononcini : Cantates et Sinfonias.

- 16h30
Cappella della Pieta de Turchini

Faggioli - Vinci - Paisiello
Scarlatti - Fiorenza
Piccini - Petrini
Arias, Cantates, Sinfonias, Sonate et Tarentelle.

St-Michel en Thiérache (Ph. JEA / DR).

Pour être concret,

TARIFS :

- 1 concert à 11h30 ou à 16h30 : 26 Euros, tarif plein - 21 E. tarif réduit
- 1 concert à 14h30 : 18 E.
- Forfait une journée, deux concerts : 35 Euros - 28 E.
- Forfait une journée, deux concert, déjeûner : 55 Euros - 48 E.
- Forfait une journée, trois concerts : 50 Euros - 43 E.
- Forfait une journée, trois concerts, déjeûner : 70 Euros - 63 E.
- Déjeûner : 20 Euros.

Réservations à partir du 1er avril :

- Téléphone : 03 23 58 23 74
- Fax : 03 23 58 87 22
- Courriel : festival.saintmichel@laposte.net
- Courrier : BP 18 - 02830 Saint-Michel


mercredi 24 juin 2009

P. 137. Musiques : ça balance à Bruxelles, à St-Michel en Thiérache, à Téhéran et à Versailles

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La Fête de la Musique vient d'éteindre ses lampions et de démonter ses sonos. Parmi tant d'autres, quelques mots sur quatre lendemains qui enchantent ou font déchanter...

I. Bruxelles : pas de groupe Konono n°1.
Ou quand la musique sans frontières se voit refuser le visa Schengen...

- "Le groupe congolais Konono n°1 n'a pas pu obtenir de visa Schengen et a annoncé qu'il annulait son concert à Couleur Café {Festival fin juin à Bruxelles}.
Selon un communiqué de l'agent du groupe Michel Winter, Konono n°1 aurait fait la demande d'un nouveau passeport, tous les feuillets de l'ancien étant rempli de visas mais les membres du groupe n'ont pu l'obtenir; le gouvernement congolais ayant décidé de ne plus fournir de passeports pendant plusieurs mois.
Le groupe avait alors obtenu un passeport diplomatique du ministère congolais de la Culture mais celui-ci n'aurait pas été accepté par la France, tandis que l'ambassade de Suède n'avait pas encore donné son autorisation. Le groupe aurait donc été contraint d'annuler la totalité de sa tournée européenne.(…)
Une annulation qui intervient alors que le Solidarity Village, un espace accueillant les ONG au sein de Couleur Café, est, cette année, placé sous le thème "Clandestino" et dont l'objectif est de sensibiliser les festivaliers à la thématique de l'émigration Sud-Nord et des sans-papiers."
(Belga, 22 juin).


Victoire provisoire des ronds-de-cuir postmodernes sur Konono n°1.

II. Festival de Saint-Michel en Thiérache.
Ou le Guilio Cesare de Handel à cor et à cris...

Très exactement aux confins de l'Aisne et des Ardennes, donnatrice involontaire (en fait pour cause de révolution en 89) d'une forêt domaniale envoûtante, l'abbaye de St-Michel précède allègrement les "grands" festivals de l'été.C'est loin de beaucoup, sans autoroute ni complexes hotelliers, sans luxe ni ostentation. Vous y recevez un accueil en comparaison duquel le public de Beaune n'est jamais que parqué par une organisation n'hésitant pas à vous appliquer le tarif le plus élevé pour un arrière opaque de colonne ...

Au Festival de musique ancienne et baroque de St-Michel en Thiérache, pas de places réservées à des sponsors suffisants, un prix unique (mais des réductions pour les personnes âgées, les étudiants, et gratuité pour les moins de 12 ans). L'ambiance s'en trouve d'une convivialité chaleureuse.
Les auditeurs venus de loin s'étonnent de paysages à profondeurs multiples mais apaisants. Les gens d'ici se félicitent de ne pas devoir monter ou descendre loin en France pour apprécier une musique "à leur portée". Deux ou trois concerts le dimanche. Les spectateurs peuvent partager leur repas avec les artistes dans le cloître qui revit avec les bruissements des conversations et quelques notes de musique comme des ballons lâchés dans le ciel.

Le dimanche 21 juin était placé sous le signe de Handel entre cantate et opéra. Des palais italiens à la Royal Academy.
La matinée appartint à La Risonanza avec Fabio Bonizzoni au clavecin et à la direction.
La fin d'après-midi vit, face au public, l'Orchestre Les Siècles avec à sa tête, François-Xavier Roth, et la contralto Delphine Galou pour les arias. En cinq années, une première déception.
Que dire ? En comparaison, ce chef rend terriblement sobres les gesticulations d'un Louis de Funès. A la limite, se confirmait préférable l'évasion des regards vers les voûtes ou en suspens par exemple sur Damien Guffroy et sa contrebasse. Lui au moins annonçait le jeu dès l'abord. Il était là pour la musique, pas pour la galerie. Cravate dénouée, chemise ayant préféré la liberté par-dessus le pantalon. Ne faisant qu'un avec son instrument aux vibrations si basses. Et pendant tout ce temps, Roth en marionnette prisonnière de fils invisibles. Il y eut quelques ratés dans les applaudissements. Mais en fin de récital, la température remonta de quelques degrés avec un Matthieu Siegrist rappelé pour un solo de cor dont la célébrité n'effrite pas la puissance d'évocation : le Va Tacito, aria de l'Acte 1, extrait de Giulio Cesare in Egitto (HWV 17) de G. F. Handel.


Cette version vidéo est portée par l'Akademie für Alte Musik Berlin, avec Andreas Scholl.

- "Va tacito e nascosto,
quand'avido é di preda,
l'astuto cacciator.
E chi é a malfar disposto,

non brama che si veda
l'ingarmo del suo cor."

3. Téhéran.
Ou les dictateurs ont-ils peur de la petite musique des urnes ?

- "Le porte-parole du Conseil des Gardiens, chargé d’examiner les plaintes pour irrégularités de la présidentielle du 12 juin, a reconnu qu’il y avait eu lors du scrutin plus de votes que d’électeurs potentiels dans 50 districts."
(AFP, 22 juin, 11h04).


Dessin de Kroll (Le Soir, 18 juin).

Pour de sinistres intégristes, le diable recourt à plus d'une moitié de l'humanité, soit les femmes, mais aussi à la musique, aux spectacles, à la presse, à internet, au cinéma, aux élections non truquées, aux correspondants étrangers, etc etc pour pervertir ce bas monde. On finirait par les craindre obsédés-refoulés graves, ces religieux aux regards de bûchers et d'inquisiteurs. Graves d'abord pour les Iranien(ne)s qui subissent en première ligne la police du régime, les gardiens d'une révolution réactionnaire et les bassidji, bourreaux motorisés du peuple.


Zohreh Jooya, musique mystique persanne. A noter que pour cette chanteuse, la majorité des vidéos sur YT ont été désactivés ces derniers jours ?!?

4. Versailles.
Ou le Président qui se veut Soleil (d'une République de minuit ?).

Une lecture avec des yeux belges :
- "Sarkozy relance son règne au château de Versailles.Il faut dire qu'il s'agit d'une grande première dans l'histoire de la Ve république. Jusqu'alors, jamais un président n'avait eu le droit de s'adresser directement aux Assemblées. Depuis 1875, il était interdit au chef de l'Etat de parler aux élus pour éviter qu'il leur dicte sa volonté. Une façon de cimenter la séparation des pouvoirs. Seul un message du président pouvait être lu, comme lorsque Mitterrand avait engagé la France dans la guerre du Golfe, par exemple. Nicolas Sarkozy s'est lui-même taillé le costume du roi. Il avait fait voter – à une voix près : celle du socialiste Jack Lang ! – cette réforme constitutionnelle il y a un an pour lui permettre de s'adresser quand il le souhaiterait aux élus."
(Le Soir, Joëlle Meskens, 21 juin).

Grandes eaux, grandes orgues. Ors et glaces. Gardes l'épée au poing. Le Premier ministre faisait figure de bon dernier. Et lui, le souverain, tenait-il en place ?
Avant même Le Canard enchaîné, nous pouvons révéler que ce soir-là, le souper présidentiel se déroula sur fond de Michel Richard Delalande. Tandis que nouveau ministre de la Culture par la grâce de son patronyme, Frédéric Mitterrand, se mordait les doigts de ne pas avoir pu s'autoproclamer quelques jours plus tôt !


La Simphonie du Marais, direction Hugo Reyne : Concert de trompettes extrait des Symphonies pour les Soupers du Roy.

Et le bon peuple ? Fut-ce sa fête, à lui aussi ? 223 interpellations.
- "La ministre a rendu hommage au professionnalisme des 14.200 policiers et gendarmes engagés lors de l’événement. Elle a salué tout particulièrement leur réactivité pour faire cesser des rixes aux conséquences parfois graves, comme dans le XIIIe arrondissement de Paris ou à Bordeaux, où six blessés par balle ou arme blanche sont à déplorer."
(AFP).
Alors ministre de l'Intérieur, un certain Nicolas Sarkozy avait cependant prévenu et annoncé la fin des désordres en France et le règne de l'harmonie.

Enfin, lisant les biffures de Loïs de Murphy sur le nouveau monarque "aux marches du palais" , sont revenues des images du Si Versailles m'était conté de Sacha Guitry (1953). Edith Piaf y chante la révolution qui gronde et monte jusqu'aux grilles du Château. Ca ne manque pas de souffle !!!

Eussent-ils été contemporains que l'actuel Président aurait peut-être cherché la main d'Edith, à moins de lui offrir un portefeuille ministériel ?



mardi 20 janvier 2009

P. 70. Cinémusiques poésies

Pour ne point trop laisser ce blog en friche
au cours d'une brève mise en sommeil
quelques racines, galets, feuilles non mortes...

Bande originale de film :

Georges Delerue pour "Le mépris" de Jean-Luc Godard (1963).

Axel Robbins :

- "Pour reprendre la rhétorique du générique, lequel est passé dans la légende, on pourrait dire que dans Le Mépris, il y a le sexe et la mort (les deux histoires principales du cinéma selon l'oncle Jean-Luc un peu désabusé des Histoire(s)), mais il y a, aussi et avant tout, le cinéma lui-même, immortel et resplendissant dans la lumière du soleil méditerranéen, être brillant qui résiste à tous les coups qu'on lui inflige et qui finira par s'imposer contre vents et marées.
Oui, Le Mépris de Godard est un poème d'amour au septième art, mais l'on a affaire, non à une poésie douce et complice à l'eau de Truffaut, mais à une poésie dans laquelle la violence et la douleur font souvent irruption, poésie lancinante et déchirante, hymne d'adieu on ne peut plus émouvant et sincère - signalons à cet égard la musique de Georges Delerue qui participe d'un sentiment pénétrant d'assister à la fin d'un monde - non seulement à la vie d'un couple (Paul et Camille) qui se défait devant nos yeux, mais aussi aux films et aux cinéastes dont les fantômes hantent les couloirs de l'inconscient collectif de tous les cinéphiles et de tous ceux qui, ne serait-ce que quelques fois dans leur vie, ont succombé à la tentation ô combien délicieuse de regarder défiler des ombres à la lumière de la lanterne magique."
(Ciné-Club Normale Sup', 14 novembre 2003).

Sous l'affiche à la provocation ne déplaisant pas à Godard, le thème de Camille composé par Georges Delerue.

Baroque :

Mozart, "Vesperae solennes de confessore", K. 321, psaume 117 (Septembre 1780). Pour quatre voix, choeur, deux trompettes, trois trombones, violons, basse, orgue et timbales.

The Amsterdam Baroque Orchestra and Choir.
Barbara Schlick, soprano.
Direction : Tom Koopman.

- "Les cordes nous conduisent immédiatement à une berceuse irradiante de beauté, baignée d'un lyrisme extatique (...) Lorsque le choeur, à pas de loup, rejoint la soliste, d'abord sur des valeurs longues puis en douces ponctuations du chant féminin, on atteint au coeur émotionnel de toute l'oeuvre (...) Voilà sans conteste l'une des plus belles pages de la musique religieuse de Mozart."
(Encyclopédie de A à Z, Robert Laffont, Coll. Bouquins, 2006, 1097 p.)


Chanson :

Paolo Conte, Max (Verona, 2005).

Max era Max
più tranquillo che mai,
la sua lucidità…

Smettila, Max,
la tua facilità
non semplifica, Max.

Max
non si spiega,
fammi scendere, Max
vedo un segreto
avvicinarsi qui, Max.


Documentaire :

Claude Lanzmann, "Shoah" (1985).

Présentation par France 5 :

- "Shoah est une oeuvre monumentale : onze ans de travail, dix campagnes de tournage. Entre 1976 et 1981, trois cent cinquante heures de film ont été tournées.
L'écrivain et cinéaste Claude Lanzmann a méthodiquement suivi les traces de l'infamie, relevé les pièces à conviction, identifié les lieux et écouté victimes, criminels et témoins actifs ou pas.
Ici, aucune image d'archives, les hommes et les paysages constituent sa seule et unique matière. Des lieux qui paraissent désincarnés, apaisés, mais qui en quelques mots revêtent toute leur horreur.
Ce film n'a pas pour but de comprendre ni d’expliquer de façon rationnelle la destruction méthodique des Juifs d'Europe. "Il y a des moments où comprendre, c'est la folie même", déclare le réalisateur, qui préfère dire et faire dire les faits : les moyens de transport des déportés, la topographie des camps, la disposition des corps, l’organisation du temps.
L'enquêteur pose les questions qui font mal à ses interlocuteurs, à lui-même et aux spectateurs. Un refus de comprendre et donc d'admettre.
Shoah, oeuvre intemporelle, a déjà fait le tour du monde."
(21 mai 2008).

Bande annonce de ce film dont le titre est parvenu enfin à mettre un nom sur l'innommable, sans connotations religieuse ou autres qui aient été réductrices.
Lanzmann est au documentaire de cinéma ce que sont aux recherches historiques des Klarsfeld pour la France ou Maxime Steinberg pour la Belgique. Des caractères redoutables de persévérance et de détermination. Des re-découvreurs de tant de vies gazées, fusillées, pendues... Toute une partie de la population européenne et donc de ses cultures qui fut réduite en cendres dans une large indifférence quand ce ne fut pas avec l'aide de régimes et de collaborateurs zélés du nazisme.

Le cheminot du train de Treblinka se souvient... Une séquence silencieuse mais douloureusement parlante !

Film de fiction :

Jean-Luc Godard, "Pierrot le fou".

Synopsis :

- "Ferdinand Griffon, ex professeur d'Espagnol, ex stagiaire à la télévision, marié à une richissime italienne, lit à sa petite fille des pages d'Elie Faure consacrées à Velazquez. Une jeune fille, Marianne, vient garder les enfants. Les Griffon se rendent à une réception bourgeoise chez des amis, où chacun débite des slogans publicitaires, exception faite de Samuel Fuller qui parle de cinéma. Ferdinand jette un gâteau au visage des invités et, retrouvant Marianne qu'il a jadis aimée chez lui, part à l'aventure.
Mais Marianne déclare qu'il faut d'abord se débarrasser d'un cadavre et lui confie que son frère Fred l'a placée dans une bande rivale de la sienne pour l'espionner. Le couple est poursuivi par la police. Ils vivent quelques jours comme des naufragés sur une île déserte. Un nain, membre de la bande, emmène Marianne. Ferdinand le découvre assassiné et se fait matraquer par deux complices.
Ferdinand retrouve enfin Marianne. Elle le présente à Fred qui lui propose de participer à un hold-up. Le coup réussit mais Ferdinand comprend qu'on l'a joué lorsqu'il voit Marianne embrasser l'homme qu'elle prétendait être son frère. Il abat son rival puis la jeune femme et téléphone ensuite à la police. Puis, le visage peint en bleu, il se barde d'explosifs auxquels il met le feu."

Pour que Raymond Devos accepte un rôle dans un film, fallait-il que celui-ci ne soit surtout pas à voir au premier degré.

Poésie :

Jean-Claude Pirotte, "Blues de la racaille", Ed. de la Table Ronde, 2006.
Raison(s) de ce choix ?
Certes pas à cause de ces hasards et nécessités qui nous ont fait naître Namurois tous deux, ayant "fréquenté" ensuite le même Athénée de Gembloux, avec son père qui confirma ma "vocation" de prof dans sa discipline et me (pour)suivit jusqu'à être mon premier inspecteur.
Certes pas plus parce qu'avocat, il perdit sa robe pour une sombre histoire en la prison de Namur avant que j'y sois conseiller laïque.
Certes pas parce que Jean-Claude fut comme un frère forcé à être doué pour les solitudes et les exils. Que longtemps il se mit à l'abri des regards inquisiteurs dans les Ardennes de France, franchissant les rideaux de pluies rethèloises.
Certes pas parce que j'ai mis mes pas dans les siens (alors, là, ça ne me ressemble pas) en parcourant les dessous du plateau de Langres, le Mont-Afrique, les Montagnes Noires...
Alors ce choix ? Parce qu'il n'y a qu'un seul poète dont j'aurais aimé illustrer l'itinéraire de mots et de plaies. Jean-Claude Pirotte, aujourd'hui sans doute en Arbois et qui ne lira pas ces lignes qui lui arracheraient une grimace.

L'auteur par les Ed. de la Table Ronde :

- "Jean-Claude Pirotte est né à Namur le 20 octobre 1939, le même jour que Rimbaud.
De 1964 à 1975, il est avocat au Barreau de Namur.
En 1975, il est accusé (il nie toujours les faits) d'avoir favorisé la tentative d'évasion de l'un de ses clients. Rayé du Barreau et condamné à dix-huit mois de prison, il part en cavale dans la province française, en Catalogne et dans le Val d'Aoste.
En 1981 : péremption de la peine, il publie Journal moche."

Francine Ghysen :

- "La verve sarcastique explose, déborde dans un vengeur Blues de la racaille dont le rouge et le noir tranchent sur le bleu mauve qu'évoque plutôt ce poète du demi-jour, du temps précieux déjà en fuite, des secrets perdus, du désespoir feutré."
(Promotion des livres, Communauté Française de Belgique).

Bibliographie (approximative) :

- Goût de cendre [poèmes], Liège, G. Thone, 1963.
- Contrée [poésie], Liège, G. Thone, 1965.
- D'un mourant paysage [poèmes], Liège, G. Thone, 1969.
- Journal moche [essai], Paris, Luneau-Ascot, 1981.
- La Pluie à Rethel [roman], Paris, Luneau-Ascot, 1982.
- Fond de cale [roman], Paris, Le Sycomore, 1984, 145 pages.
- La Vallée de misère [poèmes], Cognac, Le Temps qu'il fait, [1987] 1997.
- Les Contes bleus du vin [chroniques], Cognac, Le Temps qu'il fait, [1988] 1993, 117 pages.
- Rue des Remberges [prélude], Cognac, Le Temps qu'il fait, [1989] 2003, édition revue et augmentée, 42 pages.
- Un été dans la combe [roman], Paris/Bruxelles, La Longue Vue, 1986.
- La Légende des petits matins [roman], Paris, Le Vallois-Perret, Manya, 1990, 138 pages.
- Sarah, feuille morte [roman], Cognac, Le Temps qu'il fait, [1989] 1998, 136 pages.
- L'Epreuve du jour [enfantine], Cognac, Le Temps qu'il fait, 1991,142 pages
- Tio Pepe [nouvelle], Cognac, Le Temps qu'il fait, 1992, 26 pages.
- Récits incertains [récits, nouvelles, poèmes], Cognac, Le Temps qu'il fait, 1992, 131 pages.
- Il est minuit depuis toujours [essais], Paris, La Table Ronde, 1993, 209 pages. Contient Journal moche augmenté et inédits.
- Sainte-Croix du Mont, [album] illustré de photographies de Jean-Luc Chapin, Bordea
- Plis perdus [mélanges], Paris, La Table Ronde, 1994, 189 pages.
- Un voyage en automne [récit], Paris, La Table Ronde, 1996, 145 pages.
- Le Noël du cheval de bois [conte illustré], Cognac, Le Temps qu'il fait, 1997, 31 pages.
- Faubourg [poèmes], Cognac, Le Temps qu'il fait, 1997.
- Cavale [roman], Paris, La Table Ronde, 1997, 167 pages.
- Boléro [roman], Paris, La Table Ronde, 1998, 111 pages.
- Mont Afrique [roman], Paris, Le Cherche midi, 1999, 138 pages
- Autres arpents [chroniques], Paris, La Table Ronde, 2000, 160 pages.
- Enjoués monostiches, avec des linogravures de J. M. Queneau, Vézelay, Éd. de la Goulotte, 2000, non paginé
- Ange Vincent [roman], Paris, La Table Ronde, 2001, 127 pages.
- Bourgogne, Franche-Comté, texte de Jean-Claude Pirotte ; photographies de Stuart Franklin, Paris, National geographic, 2002, 290 pages
- Un rêve en Lotharingie [récit], Paris, National Geographic Society, 2002, 60 pages.
- Dame et dentiste [poèmes], Paris, Inventaire/Invention, Coll. " Textes ", 2003, 38 pages.
- La boîte à musique [poèmes], La Table ronde, 2004, 141 pages.
- Fougerolles[poèmes], Fontaine-lès-Dijon, Virgile, Daniel Legrand éditeur, coll. " Suite de Sites ", 2004, 63 pages.
- Une adolescence en Gueldre [roman], Paris, La Table Ronde, 2005, 198 pages.
- Un bruit ordinaire [roman-poème], suivi de blues de la racaille [poèmes], Paris, La Table Ronde, 2006, 131 pages.
- Expédition nocturne autour de ma cave [récit], Paris, Collection "Ecrivins", Editions Stock, 2006, 96 pages.
- Absent de Bagdad [roman], Paris, La Table Ronde, Collection Vermillon, 2007, 144 pages.
- Hollande [poèmes et peintures], Paris, Le Cherche Midi, Collection Amor Fati, 2007, 72 pages.
- avoir été [poème], Châtelineau (Belgique), Le Taillis Pré, avril 2008, 66 pages. 40. Passage des ombres [poèmes], Paris, Editions de La Table Ronde, avril 2008, 206 pages.
- Revermont [poèmes], Cognac, Le temps qu'il fait, octobre 2008, 108 pages.

Si dans ce monde luxuriant de livres, vous ne vous délectiez pas de l'un de ces volumes au moins, vous en resteriez au niveau de curiosité poétique du président (français) actuel.


vendredi 26 décembre 2008

P. 61. Brèves (13). Un roi. Un président. Les SDF. Louise Michel. Les Gays. Des génocides.

Caricature de Kroll (Le Soir). DR.

Discours de Noël.

Albert II de Belgique :

- "Refusons fermement le retour au chacun pour soi. Mettons cette crise à profit pour créer de nouvelles manières d'agir ensemble, tant sur le plan européen qu'au niveau mondial, comme ce fut d'ailleurs le cas lors de la conférence de Bretton Woods en 1944. Rappelons aussi que la finance doit être au service de l'économie, et celle-ci au service de l'homme.

Enfin, cette crise financière a su mobiliser dans les pays développés de gigantesques moyens financiers, mais n'oublions pas de réaliser également la nécessaire protection des plus faibles, chez nous et dans le tiers monde. En effet, ils n'ont aucune responsabilité dans cette crise mais ils risquent néanmoins d'être parmi les premières victimes."


Non pas le discours d'un épicier à Tarnac, mais d'un roi scaphandrier qui ne se laisse pas complètement entraîner dans les bas fonds de la crise à la belge... Ces souhaits seront-ils du même tonneau que les promesses sarkoziennes ? 2009 répondra.


SDF.

Nicolas Sarkozy, en campagne électorale à Charleville-Mézières, 18 décembre 2006 :

- "Je veux que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid."

Deux ans après...
En collaboration avec le journal d'information en ligne Mediapart, le collectif Les morts de la rue publie le chiffre minimum de 337 SDF décédés. En rue et en France rien que pour 2008. Ces chiffres sont arrêtés au dimanche 21 décembre.
Eprouvant sans aucun doute le besoin de prendre du recul, le Président va bosser... la bossa nova au Brésil.


Louise Michel

N'attendez pas un documentaire sur l'anarchiste de la Commune, y compris sa mise au bagne dans une île pourrie. Le film se déroule non loin des Ardennes. Dans une Picardie sinistrée elle aussi par les coups bas des crises. Avec Yolande Moreau-Louise et Bouli Lanners-Michel (page 2 de ce blog), ce fim de Gustave Kerven et de Benoît Délépine sort actuellement dans les salles de France et de Navarre.

Synopsis :

- "Une usine quelque part en Picardie. Après un plan social, les ouvrières sont sur le qui-vive mais ce jour-là, le directeur les convoque pour leur faire une petite surprise : des blouses neuves avec leur prénom brodé… Un cadeau qui rassure tout le monde. L’espoir revient. Le lendemain matin c’est la consternation : l’usine a été déménagée pendant la nuit et la direction est en fuite. Réunies dans un café, la déléguée syndicale annonce aux ouvrières le montant de leurs indemnités : 2000 euros chacune. Scandalisées mais réalistes, elles décident de mettre cet argent en commun pour financer un projet de reconversion. Plusieurs idées sont lancées en l’air, sans grand enthousiasme. Louise, la plus sauvage de toutes, prend enfin la parole. Elle a une idée à la fois faisable et abordable : faire buter le patron par un professionnel ! L’accord est unanime et Louise est chargée de trouver un tueur à gages. Elle va choisir le plus minable de sa génération : Michel. Ensemble, ils partent à la recherche du patron voyou."

Rue 89 :

- "Après La très grande entreprise de Pierre Jolivet, "Louise Michel", incarnée par l'exceptionnelle Yolande Moreau, sera l'un des films de la crise, mais aux accents belge et burlesque cette fois."
(24 décembre 2008).

Le Monde :

- " Aimez-vous le bric-à-brac surréaliste ? L'anarchisme sauce aigre-douce ? La flibuste érigée en méthode de pensée ? Le terrorisme anti-caténaire ? Si c'est le cas, vous adorerez Louise-Michel, le troisième long métrage (après Aaltra en 2004 et Avida en 2006) de Benoît Delépine et Gustave Kervern."
(23 décembre).


Louise Michel, bande annonce.

Gays.

Jeudi 18 décembre, les 192 Etats membres des Nations unies ont été appelés à se prononcer sur une dépénalisation universelle de l'homosexualité. De portée strictement politique, cette dépénalisation n'aurait impliqué aucune contrainte au plan juridique.

Seuls 66 pays ont signé ce texte.

Au nombre des opposants et non des moindres : les USA, la Russie et la Chine, pour une fois d'accord. Sans oublier l'Irak, l'Arabie Saoudite et bien évidemment le Vatican, unis par leurs intolérances religieuses.

Génocides.

Sur un blog de "Gens de bonne compagnie", si vous avez le malheur de rappeler (dans un contexte le justifiant) les trois génocides ayant marqué de manière indélébile le XXe siècle :
- les Arméniens,
- les juifs,
- les Tutsis,
(ordre chronologique)
vous aurez droit à cette réaction de l'"amie de la sagesse", co-animatrice de ce blog :
- "... ça manque terriblement d'humanité ces classifications, on croirait une autopsie; une étude à la Menguele."
Vous avez bien lu ! Se vouloir précis pour éviter les confusions (avec par exemple les "crimes contre l'humanité") et les manipulations (spécialité des négateurs), revient à se voir assimilé à l'un des pires criminels nazis. C'est hallucinant mais écrit avec le plus grand sérieux.

Sans polémiquer, il vous est loisible d'aggraver votre cas en citant Maxime Steinberg, historien de la persécution des juifs en Belgique :

- "Si on devait suivre les journalistes et les politologues, même des historiens, le génocide serait en effet l'événement le plus banal du XXe siècle. Pour le sens commun, un génocide devient le meurtre d'un grand nombre de personnes en peu de temps. Quant à moi, je limite les génocides du XXe siècle à trois : les Arméniens, les Juifs et les Tutsis. Mais pas les Tsiganes. Et pour les Cambodgiens, je suis très sceptique parce que là tout se passe au sein d'un même peuple qui persécute les siens au nom d'une idéologie politique." (Vers l'Avenir, 23 mai 2005).

Une parenthèse à propos des Tziganes. Ceux de France se trouvèrent internés en camps sans être heureusement déportés (à l'exception, hélas, de ceux de la zone Nord - Lille - dépendant du Haut commandement militaires de Bruxelles et qui, de la Caserne Dossin à Malines, furent envoyés à Auschwitz).

A cette citation de M. Steinberg, une réaction immédiate fusera sous la plume de l'autre co-animateur de ce blog porteur de "Commentaires et rhétorique par gens de bonne société autour de thèmes historiques et d'actualité". Se réclamant de Montaigne, l'intéressé montera sur ses grands chevaux :

- "Alors qu'on ne vienne pas me pomper le dard avec des enculages de mouches sémantiques. Oui, le massacre des Arméniens et celui de Pol Pot et celui des indiens d'Amérique, celui du Rwanda, de la Bosnie, du Kosovo furent des génocides. pourquoi, ça vous gratte???".

Un tel vocabulaire, de tels arguments de la part de "gens de bonne société", dont l'un ou l'autre enseignant, voilà qui promet des lendemains qui ne chanteront pas pour la rigueur historique ! Le même "Montaigne", en terminant de vous lyncher, estimera, dans un autre registre, que votre choix de la Chapelle Royale, du Collegium Vocale et de Philippe Herreweghe pour du Bach, relève d'un "sommet du SNOBISME". Pfffff.

Bach : Magnificat in D Major, BWV 243. Dans une version snobissime que j'assume.


mercredi 17 décembre 2008

P. 56. La 298

Après la 234...

Même étage du même bloc, mais la 234 et la 298 : deux antipodes qui s'ignorent.

La 234, c'était vraiment du style Vangelis. Agitation, bousculades, tintamarre. Addition agressive d'odeurs d'antiseptiques et de cuisine (enfin, ce mot est un rien usurpé). Lumière artificielle et cruelle. Une volée de stagiaires comme des étourneaux albinos. Quand même pas le cirque mais un stade de fin de division provinciale.
Pour plus de détails, (re)lire p. 28 en cliquant : ICI.



Tandis qu'un dédale avec profusion de confusions aboutissait finalement à la 298.
Ceci expliquerait-il le nombre nettement plus élevé de visites reçues dans cette chambre finistère (sans baie des trépassés) ?

La 298 avait un côté caverne.
Non seulement avec les baxters comme stalactites. Mais encore par les manifestations du monde extérieur. Pas des ombres. Mais uniquement des voix flottant dans le couloir.
Vous êtes à l'horizontale et ces voix semblent accrochées à des ballons tenus au bout de ficelles et qui ont pour nom : gsm (très théoriquement interdits en ces lieux et sous ces cieux).
En la circonstance, il semble que la nette majorité des bavards (é)lève le ton, force la note, martelle ses mots, comme pour faciliter le boulot des tables d'écoute.
Au fond du lit de la rivière hospitalière, cela donne de curieux dialogues à moitié amputés. Une couche de questions, puis une couche de silences approximatifs suivie d'une autre couche libérant des réactions vives ou déçues mais qui conduisent à d'autres interruptions...
Ainsi que la qualifierait Paul Hermant : une version "postmoderne" de la caverne de Platon. Des monologues juxtaposés avec des envols de chauve-souris.

Pour la 298, allumage des feux : 6h15 avec relevé de la météo personnelle (température) et bulletin des routes (pression des artères aussi bien urbaines que rurales).
A 17h15 : repas du soir (abonnement systématique aux tranches de jambon, comme si la porcherie provoquant des allergies au village, se rappelait ironiquement à mon souvenir).
Entre ces deux rendez-vous imposés et les débordant largement, lectures :
- Serge Bramly, Le premier principe. Le second principe (Lattès).
- Edouard Coeurdevey, Carnets de guerre 1914-1918 (Terre Humaine, Plon). Voir p. 55.
- Tony Hillerman, Porteurs d'eau, Voleur de temps et Dieu qui parle (Rivages Poches).
- Eric Holder, De loin, on dirait une île (Le Dilettante). Le blog Sylvie lectures vaut le détour en cliquant : ICI.
- Jules Romains, Prélude à Verdun et Verdun ( Les hommes de bonne volonté, T. 3, Bouquins, Laffont).
Au vu des volumes en tour de pise sur l'appui de fenêtre, une blouse blanche sud-américaine s'est exclamée, à la fois mi-moqueuse et mi-convaincue : "On peut dire que vous avez de l'orthographe, vous !" Encore une qui n'est pas lectrice de ce blog...

Mon sang n'ayant fait qu'un tour, j'ai tenté de ne pas le perdre (du moins froid). Dans cette chambre au coeur de Namur, pourquoi ne pas se réconcilier avec Pachelbel ? Grâce au Choeur de Chambre de Namur et à Jean Tubéry. Ou comment restituer à Pachelbel sa sensibilité, loin des marches au canon, des récupérations commerciales pour grandes surfaces et des sonneries pour fin de récréation sans portable.

D'autres versions (non publiables sur blog), proposent ce Canon en concert à l'église St-Loup de Namur. Alors que Félicien Rops lui faisait découvrir cette curiosité baroquement religieuse, Baudelaire s'affaissa sur les marches de l'église, pris d'un malaise cérébral qui le privera de la parole jusqu'au mot "fin", une année plus tard.

mercredi 3 décembre 2008

P. 54. Brèves (12) Sons et lumières.

Une autre absence "situationniste donc inexprimable"...

Le titre ? Un détournement volontaire d'une formule alchimique de Paul Hermant (il l'excusera sans doute).
Et pour ne pas laisser ce blog comme un écran vide pour quelques nuits privées d'étoiles, voici ces fenêtres certes hétéroclites mais laissées grandes ouvertes pour encourager les courants d'air.

Milou en Mai.
Louis Malle, 1990.
Avec Miou-Miou, Michel Piccoli, Michel Duchaussoy, Bruno Carette, Paulette Dubost, Dominique Blanc, Valérie Lemercier...
Quel autre violoniste que Stéphane Grappelli, pouvait-il offrir de telles vibrations à l'Internationale ?

Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont.
Marin Marais.
Fabio Bondi (violon), Jordi Savall (basse de viole), Pierre Hantaï (clavecin), Rolf Lislevand (théorbe).
En souvenir d'un 4 décembre 2007. Quand dans un Paris illuminé, cinq années de recherches aboutirent aussi à la reconnaissance de trois Justes parmi les Nations.

Suite pour orchestre en ut majeur, BWV 1066, ouverture.
Jean-Sébastien Bach.
Balthazar Neumann Ensemble. Direction : Thomas Hengelbrook.
Quand il est vous offert la grâce de partager la vie de celle qui accepte que vous soyez un rien libertaire, même dans le sommeil.


Israël en Egypte, HWV 54, Chorus: The sons of Israel do mourn.
George Frideric Handel.
Kings College Choir. The Bandeburg Concert. Dir. : Stephen Cleoburg.
Parce qu'il restera tous ces génocides comme des hontes indélébiles, autant d'encriers sanglants renversés sur le livre d'histoire(s) de l'humanité. Et les diasporas subies, et les immigrés détestés. Alors que seuls celles et ceux qui aiment être gens de leurs voyages, devraient être des déracinés.


Jerusalem.
Poème de William Blake. Musique de C. Hubert. H. Parry.
Proms 2008.
BBC Symphony Orchestra et BBC Symphony Chorus. Dir. : Sir Roger Norrington.
Pour finir, et pas seulement par facilité, cette page en chanson. Non pour les flon-flon. Et encore moins pour les urticaires nationalistes. Mais parce que ce Jerusalem-là a été aussi choisi comme chant symbolique par les suffragettes.

jeudi 18 septembre 2008

P. 28. La 234

Rivière prisonnière de son lit, futur cav-eau ? (Photo JEA).

Au retour de la chambre 234

D'abord des sons. Le cirque des chariots dans le couloir. Un chassé-croisé plutôt inharmonieux.
Eclats de voix aussi. Vite identifiées. Celles qui piquent. Leurs collègues passe-partout. Plus souveraine, la voix de la maîtresse (provisoire) de ce cargo sanitaire. Les mains bleues qui astiquent et ripolinisent. Les gants caoutchouteux qui prennent leurs distances avec les douleurs incisives.

Autres éclats plantés dans les poignets du silence : les diverses télévisions qui s'entrechoquent d'une chambre à l'autre. Des "chaînes" qui justifient méchamment leur réputation.

Si une seule image devait survivre à cette brève croisière : ce serait un dialogue singulier. Entre une infirmière aux cheveux roux réveillant tous les blancs ambiants. Et cette femme si mince que seul du papier à cigarette, une unique feuille de papier à cigarette peut la décrire. Son buste n'est pas encore absorbé par les draps. Les cheveux gris rassemblés en queue de cheval. Les taches sombres des narines et de la bouche. Celle-ci jamais refermée au contraire des paupières.

Debout, l'infirmière se penche. A la petite cuillère, elle alimente si lentement ce visage presque taillé dans une pierre blanche et friable de champagne. L'air est surchargé d'odeurs liées aux désinfectants. Dans le couloir, les chariots continuent à se bousculer. Des parents passent avec un subtil mélange de voyeureuisme, de sympathie et d'égoïsme.

Dans la chambre face à la 234, l'infirmière penche la cuillère. La bouche attend-elle ? Elle ne frémit pas. Une femme d'une quarantaine d'années s'incline devant une autre ayant peut-être atteint le double. Il se déroule alors comme un rite de reconnaissance et de passage entre ces deux femmes. Loin des bousculades, près du bout d'un chemin. Sans discours ni même larmes. Sans témoins. Une fin.

Musique 3 programmait alors les Lamentations de Jeremie dans la version de Francesco Durante. Absentes semble-t-il des sites vidéos.

A défaut. Marbrianus de Orto : Lamentations du prophète Jeremie, Huelgas Ensemble sous la direction de Paul van Nevel.

mardi 9 septembre 2008

P. 27. Seule Claudie Gallay

Navigation à contre-courant en remontant le fleuve des romans de Claudie Gallay. Après "Les déferlantes" (pp 15 et 22 de ce blog) et "L'or du temps", après La Hague et Dieppe : Venise.

Venise telle que seule Claudie Gallay en décrit l'hiver : flocons de neige sur la Cité et dans le coeur de ceux qui la parcourent...

Présentation par les Ed. du Rouergue :

- "A quarante ans, quittée par son compagnon, elle vide son compte en banque et part à Venise, pour ne pas sombrer. C'est l'hiver, les touristes ont déserté la ville et seuls les locataires de la pension où elle loge l'arrachent à la solitude. Il y a là un aristocrate russe en fauteuil roulant, une jeune danseuse et son amant. Il y a aussi, dans la ville, un libraire amoureux des mots et de sa cité qui, peu à peu, fera renaître en elle l'attente du désir et de l'autre.

Dans une langue ajustée aux émotions et à la détresse de son personnage, Claudie Gallay dépeint la transformation intérieure d'une femme à la recherche d'un nouveau souffle de vie."

Quelques pas-sages allumés au fur et à mesure des pages, comme des bougies sur un chandelier à 9 branches :

- "Vous êtes en voyage d'amour ? elle me demande en regardant du côté de ma chambre.
Le café est chaud, presque brûlant. J'en avale une gorgée et je repose ma tasse.
- Je suis à l'étape suivante. Celle où il faut oublier.
Je prends une tranche de pain.
- Vous verrez, je dis en plantant mes yeux dans les siens.
Mes yeux sont bleus, les siens sont noirs."

- "Mon poisson rouge a crevé, je dis. J'ai perdu mon boulot. Mon mec m'a plaquée.
- Dans quel ordre ?
- Le poisson à la fin."

- "Ici, l'été, c'est envahi de monde. Il ne faut pas venir.
- Où il faut aller l'été ? je demande.
- Nulle part. Il faut acheter des livres et rester chez soi."

- "Un pensionnaire qui était ici avant vous m'a raconté qu'autrefois les vieux gondoliers remontaient la ville par les canaux, ils longeaient ensuite les murs du cimetière et ils ramaient droit vers le large. Le soir, on les attendait. Et puis la nuit tombait. L'emplacement de la gondole restait vide.
Le prince me regarde.
- Il y a tellement de façons de mourir... Rares sont ceux qui ont suffisamment de talent pour témoigner de cela."

(Photo : JEA)

- "La Fenice est là, dans le quartier. Quand elle a brûlé, ça a été la panique. Après, pendant des jours on a vu des Vénitiens traîner dans les rues, hagards, une petite boîte à la main. Ils venaient récupérer des cendres. Tous. Ils faisaient ça. Et ils pleuraient. Il a fallu mettre des barrières pour les empêcher d'approcher."

- "Croyez-moi, il vous est plus facile de remplir votre cerveau que moi d'écoper le mien."

"La neige.
Des visages aux fenêtres du Quadri. Des silhouettes sur le pas des boutiques. A l'étage du musée.
Partout, des yeux redevenus des yeux d'enfants. Doigts écartés. Contre les vitres.
Je n'ai jamais voulu que l'on m'explique la neige. Jamais voulu écouter, comprendre.
La neige ne s'explique pas.
Je monte à la cime du Campanile.
Un homme près de moi dit, on ne reverra jamais ça. Jamais.
Il a raison.
Probablement."

"Je suis une solitaire. De la pire espèce. Celle des taupes. Une inadaptée. J'ai besoin de ma tanière, mon trou de terre."

Parmi ses "déferlantes", Claudie Gallay avait invité Prévert. Tandis qu'André Breton est l'un des personnages-clef de "L'or du temps". A Venise, l'auteur évoque Zoran Music, peintre et graveur.

Zoran Music : déporté parce que juif. De sa mise derrière les barbelés de Dachau entre 1943 et 1945, il témoigna dans les années 70 avec des oeuvres rassemblées sous le thème : "Nous ne sommes pas les derniers" (Reproduction : DR. Consulter le site internet de Dominique Natanson : "Mémoire juive et éducation". Cliquer : ICI).

"On passe dans la dernière salle. Un panneau : "Nous ne sommes pas les derniers".
- C'est une série. Après Dachau, il faut comprendre...
A cause de la brutalité, l'amoncellement des corps nus, entassés, en tons gris, presque noirs. Des corps sans chair, recroquevillés, avec des membres interminables.
Des corps suppliciés.
Une gravure, une autre.
- Il dessinait sur de petits bouts de papier qu'il gardait au fond de ses poches ou cachés dans ses chaussettes.
Vous approchez la main.
- La Gestapo l'a arrêté ici, à Venise.
Vous m'expliquez.
- Les cadavres, il n'a pas pu les peindre tout de suite. Ils sont venus après, longtemps après. Il en était déjà revenu.
Vous me regardez.
- Parfois, les mots ne peuvent plus expliquer. Seule la peinture."


Alessandro Marcello : Concerto pour haut-bois, violons et basse continue. Rinaldo Alessandrini dirige le Concerto Italiano.

jeudi 21 août 2008

P. 21. Brèves (6) : Une chanson de Georgius puis de Fernandel ressortie des caves de l'antisémitisme

A propos de "La noce à Rebecca"...

Dans l'hypothèse épouvantable et insupportable où la Shoah serait parvenue à ses fins, on en viendrait à se demander si l'antisémitisme en aurait pour autant disparu ?
Et comme le judéocide n'échoua que partiellement, ses supporters, ses nostalgiques mais aussi ses nouveaux adeptes n'ont de cesse de continuer à nous polluer avec leur haine brute et avec leur mépris abyssal des "autres".

La société ressemble à un océan parcouru de marées noires. Des vagues d'antisémitisme succédent systématiquement à d'autres vagues, toutes diverses mais toutes aussi dégoulinantes d'une idéologie liberticide.

Face à ces marées glauques, il est parfois malaisé de ne pas trébucher, de garder assez de distance, de se réclamer encore du libre examen, de retenir la critique historique comme référence. Un public agacé, lassé (voire parfois secrètement amusé) vous accuse vite de parano... On se sent errant dans des hostilités répétées et l'on comprend que le présent n'arrive pas à se détacher du passé car ils se parasitent mutuellement...

Au nombre des noirceurs de ce mois d'août 2008, figure une chanson de... 1927. Lancée par Georgius puis reprise par Pernichot et par Fernandel.
En 1927 : donc bien avant le Vichy de Pétain...
Cette chanson se voulait follement drôle. Elle rappelle que l'époque n'était pas non plus très glorieuse. Quand les juifs étaient non pas caricaturés mais calomniés par de grands noms de la chanson populaire.

"Amuseur public n°1", Georgius - suivi de Fernandel - provoquaient l'hilarité d'un "bon" public "bien" français avec cette chanson intitulée "La noce à Rebecca". Paroles de Georges Guibourg et musique de Léon Reiter :

- "La fille de monsieur Mayer
Rebecca s'est mariée avant-hier
Elle a épousé l' fils Lévy
Le marchand d' robes du passage Brady
Y avait là madame Pomeratzbaum
Monsieur Smoutz, monsieur Olimbaum
L'oncle Schwartz, la cousine Kaufmann
Et les onze frères Hartmann
Le docteur Blum également
Qui était de la fête
En l'honneur de c't événement
Avait changé d' chaussettes


Refrain :
Ah ! Mes enfants
On s'en souviendra longtemps
Dans dix ans, on parlera
Encore de la noce à Rebecca


Il y avait eut un grand déjeuner
La p'tite Rebecca avait l' ventre gonflé
Son mari, un type sans façon
Dut déboutonner son pantalon
L' docteur Blum mangeait avec ses doigts
Sa femme lui dit par deux fois :
Ça te donne un très mauvais air
Tu n'as donc pas de couvert ?
Il lui répondit vivement :
Ne me fais pas d' reproche
Comme il était en argent
Je l'ai mis dans ma poche


Refrain

Après l' déjeuner, on dansa
Les onze frères Hartmann n'attendaient qu' ça
Mais ils y mirent tant d'ardeur
Que cela provoqua des malheurs
Voilà que, de la poche d'un gousset
Deux sous tombèrent sur le parquet
Tout le monde se précipita
Une bagarre éclata
Madame Kaufmann fut blessée
Et conduite à l'hospice
Les deux sous furent retrouvés
Cachés entre ses cuisses


Refrain

Pour calmer tous les invités
Qui se montraient un peu surexcités
Rebecca joua du piano
Le fils Lévy vendit deux manteaux
L'oncle Schwartz offrit des cigares
Monsieur Smoutz en prit un dare-dare
Mais il dit au moment d' fumer :
J'ai l' bout qu'est pas coupé !
L' père Mayer cria très fort :
Pas coupé !... C'est tragique
Mais foutez-moi c't homme-là dehors
C'est un sale catholique !


Refrain."

Pourquoi ressortir cette chanson gerbante des poubelles de l'histoire ?
Parce que des antisémites de service viennent de l'exhumer. Elle leur sert de support à une vidéo diffusée sur la toile. Sur ce fond sonore antisémite, sont visuellement dénoncées 150 personnalités dont le "tort" commun serait d'être juives. On retrouve ici les méthodes de "Au Pilori" mises à la mode contemporaine mais gardant l'obsession de la délation de juifs, avec cette volonté de les stigmatiser comme comploteurs, exploiteurs, avides de pouvoirs...

AFP (14 août 2008) :

- "Un défilé de photos de personnalités juives ou supposées sur fond de chanson antisémite des années 30 : ce montage diffusé sur des sites de partage vidéo suscite une nouvelle action en justice du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA)."

Le Soir (14 août 2008) :

- "Les photos de plus de 150 hommes politiques, vedettes de la télévision, journalistes, écrivains, philosophes, acteurs, humoristes ou chanteurs connus en France défilent pendant plus de 5 minutes sur ce site de diffusion de vidéos sur internet {Dailymotion} avec en fond musical, une chanson d'avant-guerre antisémite intitulée La noce à Rébecca."

NouvelObs.com (15 août 2008) :

- "Interrogé par l'AFP, Dailymotion a répondu : "Notre statut d'hébergeur ne nous oblige pas à surveiller les contenus en ligne, mais nous oblige en revanche à les retirer dès qu'on nous signale un contenu illicite ou contrefaisant". Le site précise que la vidéo incriminée "est en cours de traitement".
De son côté, YouTube a dit ne pas être au courant d'une plainte du BNVCA le visant. "Les conditions d'utilisation de YouTube interdisent les contenus inconvenants. Les vidéos qui violent nos conditions peuvent aisément être signalés sur le site (...) et nos personnels prendront des actions appropriées", a déclaré à l'AFP une porte-parole de YouTube à Paris.


"La France officielle n'est pas antisémite, toutefois la parole antisémite s'est libérée, elle est alimentée par ce type de médiatisation des clichés antijuifs sur la toile", a ajouté M. Ghozlan. {président du BNVCA}."

Il est temps d'ouvrir portes et fenêtres de cette page du blog. Un peu d'air (d'opéra). Une autre Noce, celle de Figaro. Par Mozart, lui aussi jeté dans une fosse commune...

L'Orchestre de la Scalla de Milan dirigé par Claudio Abbado. La voix de Teresa Berganza pour Voi che sapete :

- "Voi che sapete
che cosa è amor,
donne, vedete
s'io l'ho nel cor.
Quello ch'io provo
vi ridirò,
è per me nuovo,
capir nol so.
Sento un affetto
pien di desir,
ch'ora è diletto,
ch'ora è martir.
Gelo e poi sento
l'alma avvampar,
e in un momento
torno a gelar.
Ricerco un bene
fuori di me,
non so chi'l tiene,
non so cos'è.
Sospiro e gemo
senza voler,
palpito e tremo
senza saper.
Non trovo pace
notte né dì,
ma pur mi piace
languir così.
Voi che sapete
che cosa è amor,
donne, vedete
s'io l'ho nel cor."

mercredi 13 août 2008

P. 19. Toponymie locale de sources en fontaines

(Photo : JEA)

Sources :

de Berniveau, de Chardon, de Courbry, de Fontenay, de Fronceau

de la Broche Ville, de la Coquette, de la Couleuvre, de la Goberie, de la Maladrerie, de Mal Froid, de Saint-Ernel, de la Noue le Prêtre, de Rimpré
de l'Aimoye, de l'Etang

des Bas Champs, des Gouvans

du Brossard, du Capitaine Mathieu, du Caveau, du Chaufour, du Fond de la Doux, du Franc Chevalier,
du Gros Tremble, du Marronier, du Pré Bari, du Vieux Pré, du Vivier


source le Gouffre.

(Photo : JEA)

Fontaines :

à la Plate

au Croncq, au Mai

aux Aux, aux Bairons, aux Cochons, aux Corbeaux, aux Cretons, aux Fous, aux Grues, aux Loups, aux Peupliers, aux Pierres, aux Soeurs, aux Souris, aux Tripes

de Blanche Oreille, de Bondan, de Broyes, de Champenois, de Châtel, de Clarisse, de Clélaie, de Memmie, de Menlévaux, de Mirgodet, de Montzéchanne, de Nique, de Pure, de Randhan, de renivaux, de Rogne, de Saint-Dagobert, de Til-les-Prés
de la Bosse des Fées, de la Croix Udron, de la Fache, de la Morte Fontaine, de la Noue des Planes
de l'Enclos, de l'Homme Mort

des Calandres, des Malades, des Morts, des Noyers, des Pendus, des Seugnons, des Vieilles Loges

d'Ennevaux, d'Hailly Pouru, d'Hurfosse

du Bouillon, du Bruyant, du Fondoir, du Hirdoux, du Moulinet, du Loup, du Pain d'Avoine, du Pré le Couvy, du Pré la Puce, du Puits d'Audry, du Trou des Mais

Fontaine Bacon, le Bourcq, Grand Fosse, Grand-Mère, Jabelet, Marin, Mauvaise, Pourrie, Trouée, Varlet

la Bonne Fontaine, la Claire..., Sainte...

les Fontaines murées

Chêne en Fontaine, Machifontaine, les Sept Fontaines, les Vieilles Fontaines.

John Dowland : Weepe You No More Sad Fontains - Sting.