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Cimetière d'Omonville-la-Petite (Ph. JEA/DR).
Prévert
(et les souvenirs de sa bande)
mis aux enchères
AFP :
- "La petite-fille de l'artiste, Eugénie Bachelot Prévert, qui assure la conservation de l'héritage de son grand-père au sein de la société Fatras (du nom d'un des recueils de poèmes de Prévert), a choisi de mettre sur le marché une partie de ce trésor.
Cette collection est trop lourde à entretenir."
Prévert :
- "Quand la morale fout le camp, le fric cavale derrière."
Le Point.fr :
- "Les souvenirs se ramassent à la pelle cette semaine à Paris, où l'univers du poète Jacques Prévert et de ses amis artistes est mis en vente pour la première fois par sa petite-fille et unique héritière. Visibles à partir de mardi dans les locaux de l'étude Ader, rue Favard, les objets - livres dédicacés, courriers, tableaux, dessins, manuscrits - seront dispersés le 9 juin à Drouot.
(1 juin 2010).
Hortensias à Omonville-la-Petite (Ph. JEA/DR).
Zut pour les chiffres, mais combien entrèrent en poésie en ouvrant Prévert comme une caverne nous laissant babas ?
Combien de mômes refusèrent-ils de se laisser traiter d'ânes en relisant ce que Prévert leur envoyait sous forme d'avions en papier par-dessus les murs des écoles ?
Combien de mois jalousèrent-ils octobre et le groupe de copains d'abord à la Prévert ?
Combien de visiteurs attendent-ils encore le soir pour rêver des châteaux de sable ?
Combien de paroles se donnent-elles toujours rendez-vous sur les quais de la vie, profitant des brumes pour s'égarer puis se retrouver ?
Et tous ces collages qui décolaient des fausses banalités pour s'envoler vers des détournements d'aéronefs ou de dirigeables pacifistes et de galaxies ?
Prévert :
- "J’écris pour faire plaisir à quelques uns et pour en emmerder beaucoup".
Et oui, plaisirs de voir que ses pages ne se froissaient pas d'être tant retournées sous toutes leurs lectures même par des mains hésitantes, puériles, crevassées, sans grande ligne de survie.
Que les craies de son écriture créaient comme le soleil finit toujours par se lever, aussi contrarié, aussi déblatéré ou aussi amateur de hamac soit-il.
Que les éclats de rire ne retombaient pas aux pieds des lecteurs, ne les blessaient pas mais, au contraire leur faisaient comme du bouche à bouche...
Dernière demeure de Prévert à Omonville-la-Petite - Cotentin (Ph. JEA/DR).
Or donc voici le temps des récupérations, des marchandages, des coups de marteaux de commissaires priseurs sur le cercueil du poète.
"Prévert à Drouot", on croirait un titre revanchard.
A combien estiment-ils les ombres de Prévert ?
Entre 200 et 300.000 E :
le manuscrit original - 150 pages - du scénario du film "Le Quai des Brumes" (Marcel Carné, 1938).
Entre 120 et 150.000 E :
Les baigneurs, une toile de Picasso.
Entre 100 et 150.000 E :
portraits de Pablo Picasso avec un texte de Prévert (cartonnage toile d’éditeur).
Entre 80 et 100.000 E :
dessin de Picasso et texte du toréador Dominguin.
Entre 40 et 50.000 E :
le scénario des "Visiteurs du Soir" (Carné, 1942).
Entre 30 et 40.000 E :
le manuscrit original de la chanson "Les Feuilles mortes".
Entre 15 et 20.000 E :
- Picasso, enveloppe dessinée aux crayons de couleur ;
- une lettre de Miro à Prévert.
Entre 1.500 et 2.000 E :
dessin original et notes de Prévert.
Mauzac (Ph. JEA/DR).
Les feuilles mortes :
- "Oh! je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis
En ce temps-là la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Tu vois, je n'ai pas oublié...
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Et le vent du nord les emporte
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié
La chanson que tu me chantais.
REFRAIN :
C'est une chanson qui nous ressemble
Toi, tu m'aimais et je t'aimais
Et nous vivions tous deux ensemble
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais
Mais la vie sépare ceux qui s'aiment
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Mais mon amour silencieux et fidèle
Sourit toujours et remercie la vie
Je t'aimais tant, tu étais si jolie,
Comment veux-tu que je t'oublie ?
En ce temps-là, la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui
Tu étais ma plus douce amie
Mais je n'ai que faire des regrets
Et la chanson que tu chantais
Toujours, toujours je l'entendrai !
REFRAIN
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jeudi 3 juin 2010
mardi 1 juin 2010
P. 290. Une fourmi, un poisson rouge, un renard, un crapaud, des irondailes, un agneau, un chien, un coucou, une araignée, un merle, une baleine, un ver luisant... et pas de raton laveur.
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Tournesol avec un noeud papillon (Ph. JEA / DR).
Auriez-vous déjà rencontré
Une chauve fourmi
peut-être même albinos
et se prenant pour un lion ?
Un poisson rouge neurasthénique
dans le local
d’une maison du peuple ?
Un renard toujours
en retard d’une histoire
à accoucher dehors ?
Un crapaud qui joue
sa peau pour se costumer
en tambour majorette ?
Des hirondailes se délectant
des pépins dérobés
aux orages oranges ?
Obligés de respecter l'étiquette (JEA / DR).
Un agneau passé
au doigt d’un horizon
exilé exalté ?
Un chien borgne
dévalant mieux une colline
que deux ruisseaux aveugles ?
Un coucou ayant perdu
son horloge en forêt noire
et pondant des échos ?
Araignée surprise alors qu'elle donne un coup de fil (Ph. JEA / DR).
Une araignée ni du matin
ni du soir
mais peintre du dimanche ?
Un merle alors
joueur d’harmonica
et amateur de grivoiseries ?
Une baleine vous obligeant
à ouvrir un parapluie
pour vous protéger de son haleine ?
Un ver rattrapé par
feu son passé
peu reluisant ?
Il attend les cerises (Ph. JEA / DR).
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Tournesol avec un noeud papillon (Ph. JEA / DR).
Auriez-vous déjà rencontré
Une chauve fourmi
peut-être même albinos
et se prenant pour un lion ?
Un poisson rouge neurasthénique
dans le local
d’une maison du peuple ?
Un renard toujours
en retard d’une histoire
à accoucher dehors ?
Un crapaud qui joue
sa peau pour se costumer
en tambour majorette ?
Des hirondailes se délectant
des pépins dérobés
aux orages oranges ?
Obligés de respecter l'étiquette (JEA / DR).
Un agneau passé
au doigt d’un horizon
exilé exalté ?
Un chien borgne
dévalant mieux une colline
que deux ruisseaux aveugles ?
Un coucou ayant perdu
son horloge en forêt noire
et pondant des échos ?
Araignée surprise alors qu'elle donne un coup de fil (Ph. JEA / DR).
Une araignée ni du matin
ni du soir
mais peintre du dimanche ?
Un merle alors
joueur d’harmonica
et amateur de grivoiseries ?
Une baleine vous obligeant
à ouvrir un parapluie
pour vous protéger de son haleine ?
Un ver rattrapé par
feu son passé
peu reluisant ?
Il attend les cerises (Ph. JEA / DR).
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